Plusieurs proches de victimes envisagent de porter l’affaire en justice, rapporte Jeune Afrique. Le magazine précise qu’ils ont saisi un collectif d’avocats composé de Michel Janvier Voukeng, Guy Alain Tougoua Djokouale et Frank Billy Kitio.
Une position ferme. Selon Jeune Afrique, les avocats déclarent que « la société Metafrique et ses dirigeants ne sauraient se retrancher derrière le caractère prétendument accidentel de cet événement » pour éluder leurs obligations en matière de sécurité, de prévention des risques et de protection des personnes. Ils ajoutent qu’un incendie peut être accidentel, mais que les éventuelles négligences qui l’ont rendu possible ou en ont aggravé les conséquences « ne sauraient rester sans réponses », évoquant une « récidive incompréhensible ». Ce sont leurs déclarations, que le magazine rapporte.
Les fonctionnaires aussi ? D’après un des avocats contactés par Jeune Afrique, l’enquête ne saurait « se limiter aux responsables de l’entreprise » et doit « s’intéresser aux fonctionnaires qui ont autorisé la réouverture de l’usine après l’accident d’avril 2026 ». Le magazine ne nomme aucun fonctionnaire, et le texte ne rapporte aucune réaction des autorités à cette demande.
Le précédent de Metssa Congo. Jeune Afrique rappelle qu’Arun Goswami était aussi le dirigeant de Metssa Congo, l’un des principaux recycleurs de batteries au plomb usagées, qui opérait en République du Congo. Selon le magazine, l’entreprise, jugée responsable de pollution de l’air inhalé par les riverains de son site de Pointe-Noire, a été poursuivie en justice et a cessé ses activités. Son usine a commencé à être démantelée, mais les victimes congolaises d’intoxication au plomb réclament toujours une prise en charge médicale et une dépollution complète. Ce rappel est celui du magazine, sans lien établi avec l’incendie de Douala.
Un collectif spécialisé. Jeune Afrique indique que ces avocats se sont spécialisés dans les plaintes contre de grandes entreprises et multinationales. Ils ont notamment été au cœur des procédures visant à faire reconnaître la responsabilité du groupe Bolloré, via sa filiale Camrail, dans la catastrophe ferroviaire d’Eseka, qui a fait plus de 70 victimes le 21 octobre 2016. Ils représentent aussi la famille de Victor Rollin Mpako, disparu lors d’un accident sur le chantier du barrage de Nachtigal, le 30 août 2023.
Le dossier Nachtigal. D’après le magazine, une plainte déposée en France, devant le tribunal de Nanterre, contre la Nachtigal Hydro Power Company, dont EDF est actionnaire majoritaire, a été classée sans suite. Une autre procédure reste ouverte au tribunal de Nanga-Eboko, à l’initiative du parquet camerounais. Jeune Afrique rappelle qu’EDF a toujours plaidé que sa « responsabilité ne saurait être recherchée à aucun égard ». Le magazine ajoute que deux de ces avocats ont adressé un courrier à l’Élysée, au président Emmanuel Macron et à son conseiller chargé de l’Afrique, Jérémy Robert, estimant que la gestion du dossier pourrait causer « des ravages » à la réputation de la France au sud du Sahara.