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Angola – Cameroun du 11 juin 2024 à Luanda : quand le désordre organisé autour des Lions Indomptables a produit ses propres scandales

TEAM LIONS INDOMPTABLES DU CAMEROUN Image illustrative

Fri, 19 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Un maillot acheté au marché noir, une équipe nationale en perdition, un ministre qui refuse le matériel officiel pour mieux imposer sa gestion parallèle. Le match Angola – Cameroun du 11 juin 2024 à Luanda n'a pas été qu'une défaite sportive. Il a été le révélateur brutal du désordre organisé autour des Lions Indomptables par le ministère des Sports. Alors que la Fécafoot avait mis à disposition les équipements officiels et invité la tutelle à venir les récupérer, Narcisse Mouelle Kombi et ses collaborateurs ont préféré refuser, ouvrant une ligne budgétaire pour acheter des maillots dans des circuits parallèles. C'est ainsi que Carlos Baleba et Olivier Ntcham se sont retrouvés à porter des équipements non conformes, obtenus dans un marché de Yaoundé. Une affaire qui n'est pas un simple incident, mais le symptôme d'un système où l'argent public a été dépensé pour satisfaire une guerre d'ego, et où la tanière a été transformée en champ de bataille administratif. Le MINSEP voulait tout contrôler. Il doit aujourd'hui tout assumer.



Angola – Cameroun du 11 juin 2024 à Luanda : quand le désordre organisé autour des Lions Indomptables a produit ses propres scandales

Le match Angola – Cameroun du 11 juin 2024 à Luanda n’a pas seulement été une rencontre des éliminatoires de la Coupe du monde. Il a été le révélateur brutal du désordre profond installé autour des Lions Indomptables par les responsables du ministère des Sports et de l’Éducation physique.

Ce jour-là, le Cameroun n’a pas seulement montré une équipe nationale sur le terrain. Il a surtout exposé au grand jour les conséquences d’un double commandement, d’une gestion parallèle, d’une confusion volontairement entretenue et d’un bras de fer institutionnel qui a fini par fragiliser la tanière.

Au centre de cette affaire : la question des équipements et des maillots.

Carlos Baleba et Olivier Ntcham avaient décidé unilatéralement de porter des maillots non conformes, obtenus au marché noir. Ces maillots, selon les éléments du dossier, auraient été achetés à la hâte, dans des conditions obscures, par des collaborateurs du MINSEP dans un marché de la ville de Yaoundé, peu avant le début du stage.

Dans une sélection nationale sérieuse, ce type de situation ne devrait jamais arriver.

Un joueur ne choisit pas son maillot au gré des circonstances. Un staff ne devrait pas être obligé de composer avec des équipements venus d’un circuit parallèle. Une équipe nationale ne peut pas être habillée dans l’improvisation, encore moins dans la confusion entre deux autorités qui se disputent la main sur la gestion de la tanière.

Mais c’est précisément ce qui est arrivé.

La Fédération camerounaise de football, avec son équipementier de l’époque, assurait déjà la logistique normale en matériel et en équipements pour les joueurs ainsi que pour le staff technique. Le circuit officiel existait. Les équipements étaient disponibles. La procédure était claire.

La FECAFOOT avait même, par courrier en date du 4 juin 2024, invité le ministère des Sports à venir récupérer le matériel et les équipements destinés à la préparation du match contre l’Angola. Cette proposition aurait dû permettre d’éviter le désordre, les doublons, les dépenses inutiles et l’image désastreuse renvoyée à Luanda.

Mais Narcisse Mouelle Kombi et ses collaborateurs ont refusé de venir récupérer ce matériel.

Et c’est là que se situe le fond du problème.

Pourquoi refuser des équipements déjà disponibles, fournis par le circuit officiel de la sélection nationale ? Pourquoi maintenir une chaîne parallèle d’approvisionnement alors que la FECAFOOT assumait déjà cette responsabilité ? Pourquoi créer un besoin artificiel là où la solution existait déjà ?

La réponse est évidente : le désordre était devenu une opportunité.

Au désordre sportif, la tutelle des Sports a ajouté une galerie financière. En ouvrant une ligne budgétaire pour acheter des équipements alors que la FECAFOOT et son équipementier avaient déjà pris en charge cette logistique, le MINSEP a créé un double emploi injustifiable.

Ce double emploi n’était pas seulement administratif. Il était aussi financier, politique et symbolique.

Financier, parce qu’il a permis de mobiliser de l’argent public pour des achats qui auraient pu être évités.

Politique, parce qu’il s’inscrivait dans une volonté manifeste de contourner la Fédération et d’imposer une gestion parallèle des Lions Indomptables.

Symbolique, parce qu’il a donné l’image d’une équipe nationale arrachée à son cadre normal, ballottée entre les intérêts, les clans et les ambitions de ceux qui voulaient contrôler la tanière à tout prix.

Le maillot des Lions Indomptables n’est pas un tissu quelconque. Il représente la République, l’histoire, les générations passées, les sacrifices des anciens, la fierté d’un peuple. On ne peut pas le traiter comme une marchandise de circonstance, achetée en urgence dans un circuit douteux pour satisfaire une guerre d’ego ou justifier des dépenses qui sont en réalités des détournements de fonds publics

L’affaire des maillots de Luanda n’est donc pas un simple incident. C’est le symptôme d’un système.

Un système dans lequel la sélection nationale a été placée sous tension permanente. Un système dans lequel le MINSEP a voulu gérer le stage, contrôler le staff, influencer l’environnement des joueurs, intervenir dans la logistique, manipuler les symboles et marginaliser la Fédération. Un système dans lequel l’autorité sportive légitime a été constamment défiée, affaiblie et court-circuitée.

Les conséquences étaient prévisibles.

Quand une équipe nationale vit dans le désordre, elle finit par produire du désordre sur le terrain et en dehors du terrain. Quand les joueurs sentent qu’il existe deux autorités, deux discours, deux circuits et deux logiques, la discipline collective s’effondre. Quand l’environnement devient toxique, les performances suivent la même pente.

À Luanda, les Lions Indomptables ont été victimes d’un climat que le Minsep avait volontairement installé.

Certains voudront réduire cette affaire à Carlos Baleba et Olivier Ntcham. Ce serait trop facile. Bien sûr, un joueur de sélection nationale doit respecter les règles, le maillot officiel et la discipline du groupe. Mais la responsabilité principale se trouve ailleurs : elle se trouve chez ceux qui ont créé les conditions permettant à ce désordre d’exister.

Si le circuit officiel avait été respecté, si les équipements de la FECAFOOT avaient été récupérés, si la tutelle n’avait pas imposé une gestion parallèle, jamais une telle situation ne se serait produite.

Le MINSEP ne peut donc pas se cacher derrière les joueurs.

Il faut assumer.

Assumer le refus de récupérer le matériel officiel proposé par la FECAFOOT.

Assumer l’achat parallèle des équipements.

Assumer la confusion créée autour de l’équipe nationale.

Assumer le double emploi budgétaire.

Assumer la désorganisation de la tanière.

Assumer l’image ridicule donnée par une sélection historique comme le Cameroun.

Car au fond, cette affaire dépasse largement le match Angola – Cameroun. Elle permet de comprendre comment les Lions Indomptables ont été progressivement affaiblis par les querelles administratives, les interventions politiques, les clans, les calculs et les ambitions personnelles.

Une équipe nationale ne se construit pas dans l’improvisation. Elle ne se gère pas dans les marchés parallèles. Elle ne se prépare pas dans les conflits permanents entre une fédération et une tutelle. Elle ne gagne pas lorsque ceux qui devraient l’accompagner passent leur temps à la diviser.

Le Cameroun avait besoin d’ordre. Mouelle Kombi lui a offert le désordre.

Le Cameroun avait besoin d’autorité. Mouelle Kombi lui a imposé deux commandements.

Le Cameroun avait besoin de sérénité. Mouelle Kombi lui a servi des conflits.

Le Cameroun avait besoin d’une préparation sérieuse. Mouelle Kombi lui a donné une guerre de couloirs.

Et aujourd’hui, certains veulent faire comme si rien ne s’était passé.

Non.

Le dossier de Luanda doit rester dans les mémoires comme l’un des exemples les plus clairs des dérives provoquées par l’ingérence du ministère des Sports dans la gestion des Lions Indomptables.

Quand une fédération met le matériel à disposition et que la tutelle refuse de venir le récupérer, avant de se lancer dans des achats parallèles, il ne s’agit plus d’un simple malentendu. Il s’agit d’un choix. Et ce choix a eu des conséquences.

Les responsables doivent répondre.

Narcisse Mouelle Kombi et son clan doivent expliquer aux Camerounais pourquoi ils ont préféré le désordre au respect du circuit officiel. Ils doivent expliquer pourquoi l’argent public devait être mobilisé pour des équipements alors que la FECAFOOT en disposait déjà. Ils doivent expliquer pourquoi la tanière a été transformée en champ de bataille administratif.

Car à la fin, ce sont les Lions Indomptables qui ont payé. C’est l’image du Cameroun qui a été abîmée. C’est le peuple camerounais qui a été humilié.

Le maillot national mérite mieux que cela.

Les Lions Indomptables méritent mieux que cela.

Le Cameroun mérite mieux que cela.

Il faut assumer.

#KAMERFOOT

Source: www.camerounweb.com