Cette procédure est distincte de la condamnation de Glencore Energy UK en 2022
L’affaire Glencore connaît de nouveaux développements au Royaume-Uni, où six anciens salariés du groupe doivent être jugés à partir du 4 octobre 2027 pour des faits présumés de corruption liés notamment aux opérations pétrolières au Cameroun.
La procédure britannique contre six anciens salariés de Glencore dispose désormais d’un calendrier : leur procès est prévu le 4 octobre 2027. Tous contestent les accusations. Ce dossier doit être distingué de la condamnation de l’entreprise en 2022 et des éventuelles poursuites contre les bénéficiaires camerounais des paiements.
L’affaire Glencore avance à Londres, mais elle n’a pas encore livré toutes ses réponses. Le point de presse du 1er octobre constituait une synthèse des développements judiciaires, et non l’annonce d’une nouvelle condamnation. Le prochain rendez-vous majeur est fixé au 4 octobre 2027, date inscrite au calendrier du Serious Fraud Office (SFO) pour le procès de six anciens salariés.
Les poursuites concernent des paiements présumés corrupteurs destinés à favoriser les opérations pétrolières du groupe au Cameroun, au Nigeria et en Côte d’Ivoire, entre 2007 et 2014. La responsabilité pénale de chacun devra être examinée individuellement.
Le 10 septembre 2026, Alex Beard, ancien patron du négoce pétrolier de Glencore, a plaidé non coupable de deux chefs de complot visant des paiements au Nigeria et au Cameroun. Andrew Gibson, ancien responsable des opérations pétrolières, a également contesté quatre chefs liés à des paiements corrupteurs et un chef concernant la falsification de documents comptables.
Les quatre autres prévenus — Martin Wakefield, David Perez, Paul Hopkirk et Ramon Labiaga — avaient plaidé non coupable le 10 novembre 2025. Gibson, Wakefield et Perez sont aussi poursuivis au sujet de documents présentés comme des frais de service dus à un cabinet pétrolier nigérian. Aucun verdict n’a été rendu dans cette procédure.
La situation de l’entreprise est différente. Glencore Energy UK a reconnu sa culpabilité sur sept chefs de corruption le 21 juin 2022. Le 3 novembre suivant, la justice britannique lui a imposé environ 280 millions de livres, comprenant sanctions financières et confiscation des produits du crime. L’enquête du SFO avait été ouverte en décembre 2019.
Aux États-Unis, deux entités du groupe avaient également plaidé coupable en mai 2022 et accepté de payer plus de 1,1 milliard de dollars pour régler des procédures relatives à la corruption et à la manipulation des marchés de matières premières. Ces montants correspondent à des sanctions et accords internationaux ; ils ne représentent pas une somme automatiquement reversée au Cameroun.
Pour Yaoundé, la question demeure celle de l’identification des destinataires des paiements et de leurs éventuelles responsabilités. Sauf que la plainte déposée au TCS par la SNH n’avance pas.
Le dossier présente ainsi plusieurs étapes distinctes : une entreprise déjà condamnée, six anciens salariés qui attendent leur procès et un volet camerounais dont les suites doivent être établies à partir d’actes judiciaires précis.
Boris Bertolt