La forêt peut-elle vraiment ajouter 10 % au PIB du Cameroun ?

Foret Image Sa valeur climatique reste largement absente des comptes économiques traditionnels

Wed, 9 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Un chiffre spectaculaire circule : les forêts pourraient relever de 10 % le PIB mesuré du Cameroun. Il ne s’agit pourtant ni d’une nouvelle recette budgétaire ni d’un trésor immédiatement disponible. La Banque africaine de développement parle d’une autre manière de compter la richesse nationale.

En attribuant une valeur à la séquestration du carbone, la BAD évalue ce service écologique à 4,49 milliards de dollars. Intégré aux comptes nationaux, il porterait le PIB ajusté autour de 49,43 milliards.

Cette opération comptable rend visible une contribution que l’indicateur traditionnel ignore.

Le Cameroun appartient au bassin du Congo, deuxième grand massif tropical de la planète. Une estimation antérieure de la Banque mondiale chiffrait à plusieurs dizaines de milliers de milliards de FCFA le stock de carbone forestier du pays. Pourtant, seule une part infime de la valeur des services écosystémiques revient directement au Cameroun.

Le passage de la valeur écologique à un revenu exige des marchés carbone crédibles, des droits fonciers clairs et un partage équitable avec les communautés. Une mauvaise conception peut récompenser des intermédiaires, limiter les usages locaux ou compter deux fois une même réduction d’émissions.

Le vrai enjeu n’est donc pas de gonfler un indicateur, mais d’améliorer la décision publique. Des comptes de capital naturel peuvent comparer le revenu tiré d’une coupe immédiate à la valeur de l’eau, du climat et de la biodiversité préservés. Ils donnent une boussole ; ils ne versent pas encore un franc au Trésor.

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