Grande-Bretagne : Une infirmière camerounaise condamnée à 4 ans de prison après la mort d’une patiente

LAURENCE TCHAPONG La fiche de surveillance était donc devenue un élément central de l’accusation

Sat, 12 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Laurence Tchapong, une infirmière psychiatrique camerounaise de 54 ans, a été condamnée à quatre ans de prison par la Liverpool Crown Court, après la mort d’une patiente de 22 ans. Elle est acuusée d’avoir laissé passer 25 minutes sans effectuer les contrôles prévus toutes les cinq minutes, et d’avoir renseigné les fiches comme si les observations avaient été réalisées.

La justice britannique a lourdement sanctionné Laurence Tchapong, une infirmière psychiatrique d’origine camerounaise âgée de 54 ans. Le 1er septembre 2026, la Liverpool Crown Court l’a condamnée à quatre années de prison ferme pour négligence volontaire dans une affaire ayant conduit à la mort d’Amy Barber, une jeune patiente de 22 ans.

Installée au Royaume-Uni depuis 2004, Laurence Tchapong travaillait au Brooklands Psychiatric Intensive Care Unit, à Bebington, dans le Wirral. L’établissement accueillait notamment des patients nécessitant une surveillance psychiatrique particulièrement étroite.

Amy Barber faisait précisément partie de ces patients vulnérables. En raison de lourds antécédents d’automutilation, la jeune femme faisait l’objet d’un protocole imposant au personnel soignant de vérifier son état toutes les cinq minutes.

25 MINUTES SANS CONTRÔLE

Les faits remontent au 30 juin 2022.

Ce soir-là, Laurence Tchapong était chargée d’assurer les contrôles de la jeune patiente. Selon les éléments retenus par l’accusation, l’infirmière aurait cependant laissé s’écouler environ 25 minutes sans effectuer les rondes prescrites.

Mais c’est surtout ce qui s’est passé ensuite qui a pesé dans la procédure judiciaire.

D’après le Crown Prosecution Service, Laurence Tchapong a renseigné la fiche d’observation comme si les contrôles avaient effectivement été réalisés, indiquant que la patiente allait bien.

Or, les images de vidéosurveillance du couloir ont contredit ces mentions : elles ne montraient aucune entrée de l’infirmière dans la chambre durant le créneau correspondant aux observations enregistrées.

La fiche de surveillance était donc devenue un élément central de l’accusation.

UNE AUTRE INFIRMIÈRE DÉCOUVRE LA PATIENTE

Ce n’est finalement pas Laurence Tchapong, mais une autre infirmière qui découvre Amy Barber en situation critique, vers 20 h 40.

La jeune femme est retrouvée en arrêt. Les secours interviennent et elle est transportée à Arrowe Park Hospital.

Malgré sa prise en charge médicale, Amy Barber décède quatre jours plus tard, à seulement 22 ans.

L’affaire va alors dépasser la question d’une simple erreur professionnelle. Les enquêteurs cherchent à déterminer si le non-respect des mesures de surveillance, combiné aux informations portées sur la fiche d’observation, constitue une négligence volontaire pénalement répréhensible.

Boris Bertolt

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