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Entertainment Mon, 12 Jun 2017

A la découverte du 'Mouroir', roman de Camille Nkoa

Une sorte de prison à vie. Ou de prison, pour le reste de temps à vivre. Les maisons de retraite, sous les cieux de la froide Europe, peuvent donner cette impression.

Nombre de personnes âgées, qui y sont envoyées par les leurs (les enfants notamment), sombrent, une fois entre les quatre murs de cette sorte d’avant-dernière demeure, dans une routine rendue encore plus pénible par la dégénérescence physique et mentale, l’impotence, le profond ennui.

Dès l’entame de ce roman de quelque 270 pages, le décor est planté. C’est dans un environnement froid et aseptisé que le lecteur est plongé. Celui de la santé. De la gériatrie, devrait-on préciser. Avec, hélas ! des passages sporadiques par la morgue.

D’ailleurs, l’ouvrage commence par cette phrase saisissante : « Il est mort ! ». C’est qu’ils sont fragiles, ces pensionnaires du troisième âge. Une fragilité que peut aggraver le sentiment d’abandon de certains d’entre eux, sevrés de la chaleur familiale de fils ou de petits-fils.

Des victimes d’ingratitude de rejetons envers leurs géniteurs ? Ce n’est pas aussi simple.Camille Nkoa présente une situation plutôt complexe : une société où les choses vont de plus en plus vite, où les hommes et les femmes, pris dans le tourbillon de la vie, dans le combat pour la survie, ont de moins en moins de temps pour eux-mêmes.

A fortiori pour d’autres, fussent-ils de proches parents. Alors, le père, la mère dont on ne peut plus s’occuper, il est confié à la maison de retraite. Sans trop de remords : l’existence est trop prenante, on vous dit !

Certes, personne ne dit que s’ils restaient en famille, ces vieillards échapperaient à la décrépitude. Le temps passe, inexorable, et fait son œuvre, ravageant corps et esprits.

Au fil des pages, les trajectoires personnelles des patients s’enchevêtrent, pour une fin de parcours similaire. L’auteur aborde d’autres problématiques, comme celle de la capacité de certaines structures hospitalières à prendre efficacement en charge leurs patients. Le besoin d’amour, ou d’affection.

Ou encore la solitude, qui ne touche pas que des grabataires sénescents.

Source: cameroon-tribune.cm

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