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Music Thu, 30 Jun 2016

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Grand Nord : La musique urbaine en plein essor

Depuis quelques semaines, les jeunes mélomanes n’ont qu’un nom sur les lèvres par ici : Serum.

Avec un clip aux allures urbaines, une mélodie envoûtante, une production 100% afropop et plus onze mille vues sur youtube, ce jeune groupe musical du originaire du Nord s’affirme comme étant le nouvel ambassadeur de la musique urbaine du Septentrion à l’échelle nationale.

Ce nouveau phénomène musical à la mode aussi bien dans boites de nuits que dans les chaumières depuis bientôt deux mois, remet au gout du jour la musique urbaine, un registre musical qui jusqu’ici peinait à décoller dans cette partie du pays.

Aux côtés de Serum d’autres noms viennent se greffer et confirmant au passage l’essor retentissant que connait la musique urbaine camerounaise dans le Grand Nord. Parmi les acteurs majeur on peut citer à Ngaoundéré Channel, Angelo Lagachette, Twins Two, le groupe Antivirus ou encore Mika initiateur du concept Ndéré Boss.

A Garoua également une pléthore d’artistes anime la scène urbaine : Mister P, Samy Trys B, Don Fab, la I zone team, kapro, El dine, Ergy dj, Housnyl, ou encore Bouzy Wizy auteur de la chanson Issa tchiroma qui cumule plus déjà plus 7 mille vues sur le site musical vrjmusic.com.

Le succès à l’international des ténors tels que Stanley Enow, Jovi, Mahlox, Franko, Duc Z ou encore Numerica a fait des vagues au Grand Nord.

« Voir Stanley, Jovi, Mahlox réussir à s’imposer en faisant du rap, ou encore Numerica avec le coupé décalé a motivé beaucoup de jeunes artistes d’ici à persévérer dans la musique urbaine », confie Dj Abdel Kader, lui qui a été l’un des premier beatmaker à se lancer dans la production et la vulgarisation des rythmes urbains dans le Septentrion.

Alors que tout était pris en otage par la musique nigériane ou encore le coupé décalé ivoirien, certains artistes ont tenté le pari en offrant quelques choses de différents au public urbain du Grand Nord. Il y en a qui ont pris des risques.

C’est le cas par exemple de Papys 5 Etoile, jeune artistes moulé à l’école ivoirienne et qui a décidé de faire du coupé décalé mais à la sauce sahélienne.

Un risque que ce dernier dit d’ailleurs ne pas regretter d’avoir pris.« Ma marque de fabrique, ce qui est d’ailleurs une valeur ajoutée à ma musique, c’est que j’apporte une coloration locale à mes chansons en utilisant les langues locales, des néologismes sortis de mon imaginaire et j’ai créé des concepts inspiré par le Sahel.»

Sans forcément copier les rappeurs du pays de l’Oncle Sam, le Collectif Sahel Hip Hop ou encore Alkawal Familly proposent un rap hybride, un mix de sonorités traditionnelles et d’accents américains. Le titre nouveau départ d’Alkawal Familly est une illustration et la vidéo séduit au-delà des terres sahéliennes.

«Je ne suis peut-être pas le premier artiste à faire du rap en fulfuldé, mais j’ai impulsé une nouvelle dynamique dans ce style propre au Nord Cameroun», soutient Djabbar un pionnier du hip hop dans le Septentrion. «Avec le collectif Sahel Hip Hop, le défi que nous nous étions donné c’était de conquérir le Cameroun et l’Afrique.

On a d’ailleurs brisé les stéréotypes lorsqu’on a sorti l’album afro rap croisière sur la Bénoué. Il faut que les rappeurs du Grand Nord comprennent que le fulfuldé, le tupuri, le guidar, etc… sont des atouts qu’il faut exporter sans complexe», ajoute-t-il.

Réseaux sociaux le nouveau terrain de jeu du grand nord…

S’il est vrai que artistes des musiques urbaines au Nord s’imposent auprès du public local par l’originalité de leur créativité, il faut cependant noter que c’est en parti sur les réseaux sociaux qu’ils ont acquis leur notoriété.

Depuis 2015 on a assisté à une déferlante sur la toile des artistes en provenance du Grand Nord. Beaucoup d’artiste ont opté pour la sortie de single à intervalle plus ou moins long et surtout en téléchargement libre sur les nombreux musicaux ayant pignon (vrjmusic, ivoirmixdj, abidjanshow, etc…).

C’est ainsi que beaucoup ont pu faire connaître leur produit auprès du public et de potentiels tourneurs via facebook, youtube ou encore soundcloud.

C’est d’ailleurs le cas de Papys 5 Etoiles qui témoigne : « C’est en mettant mes chansons en téléchargement libre sur ivoirmixdj et soundcloud que j’ai pu recruter de nouveaux fans et attirer l’attention des manager et promoteurs culturels ce qui m’a d’ailleurs permis de faire des scènes et de belles collaboration avec des artistes étrangers ».

Damakoro shegué son dernier single sorti la semaine dernière cumule déjà près de 2500 vues sur la plateforme youtube et figure dans la playlist de plusieurs web radios.

Ce succès médiatique est également à mettre à l’actif des sites, des blogs et autres webmagazine dédiés à la culture urbaine camerounais qui ont beaucoup joué dans cette vulgarisation des artistes du Grand Nord.

Les radios locales et les chaines de télévisions locales ne sont pas en reste. D’ailleurs pour Samy Rostand Duvanal, animateur radio à Crtv Nord, « pour que nos artistes puissent rayonner à l’internationale, il faut qu’on les fasse rayonner à l’échelle nationale alors à ce moment-là ils brilleront de mille feux ».

Un avis que partage pleinement l’artiste Samy Trys B : « La côte d’ivoire l’a fait avec Ivoirmixdj, Showdebabi, Abidjanshow ou encore la RTI 1&2 ; tandis que Nigéria l’a fait avec Nolywood, BellaNaija, NojustOk, channel O, et plein d’autres ! Ce sont les médias nationaux qui mettent d’abord en valeur leurs artistes ».

Source: culturebene.com

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