Bonabassem : La dépouille du concubin attendait le pasteur

Un Enseignant Bastonné à Mort Dans La Région Du Nord Le corps d'Aurélien a été déposé à la morgue d'un hôpital de la place

Thu, 15 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

À Bonabassem, dans l’arrondissement de Douala 1er, le corps sans vie d’Aurélien, un homme d’une quarantaine d’années, a été découvert dimanche au domicile qu’il partageait avec sa concubine. Selon le témoignage d’une voisine, l’homme serait décédé vendredi après une maladie, sans avoir été conduit à l’hôpital.

Philomène, couturière, a quitté son domicile dimanche, abandonnant le corps d'Aurélien mort vendredi dernier, et dont elle espérait la résurrection par son leader religieux qui n'est jamais venu.

Le corps sans vie d'un homme a été découvert dimanche dernier par la police (une patrouille des Esir) dans un domicile au quartier Bonabassem (arrondissement de Douala 1er). Selon une voisine prénommée Séraphine, le défunt se prénommait Aurélien, avait la quarantaine et vivait en concubinage avec une certaine Philomène. La concernée, présentée comme couturière au Marché central de Douala, a quitté le logement, contigu à celui de Séraphine. C'est donc la proche voisine qui a tout expliqué aux policiers.

Philomène et Aurélien (un charpentier occasionnellement conducteur de mototaxi) vivaient sous le même toit depuis 2024. Il y a quelques jours, Aurélien tombe malade. Par un de ces hasards de construction dont certains quartiers ont seuls le secret, les chambres des deux femmes se jouxtent. La proximité se fond dans la promiscuité. Séraphine peut donc entendre Philomène prier. Et prier notamment pour la guérison de son compagnon, qui ne prendra pas le chemin de l'hôpital.

Vendredi dernier, la situation se dégrade. Et si Séraphine doit en croire ses « écoutes », Aurélien rend l'âme ce jour-là. C'est en tout cas ce que Philomène laisse entendre à un certain « Papa » au téléphone : « J'ai l'impression que mon mari ne vit plus. Qu'est-ce que je fais ? », aurait-elle dit à ce correspondant, en fait son pasteur. Manifestement, l'homme était en campagne d'évangélisation hors de la ville et a promis de venir aussi vite que possible prier sur le corps d'Aurélien, afin de le ressusciter.

Après cet appel, Philomène s'est mise à chanter, à louanger le Seigneur de manière sporadique. Mais dans la journée de samedi, Séraphine l'a entendue monologuer et se plaindre : « Papa fait quoi comme ça ?! ». Puis elle appellera une « sœur Dorothée », pour un échange dont la voisine, de plus en plus intriguée, va capter l'essentiel : « J'ai l'impression qu'Aurélien n'est plus. J'ai appelé papa depuis hier [vendredi, Ndlr], il m'a dit qu'il arrivait mais il n'est toujours pas là », geint la couturière. La correspondante ne peut que lui dire de garder foi et courage.

Le lendemain matin, comme si elle sortait enfin de la période de déni, Philomène éclate en sanglots. Séraphine se résout à appeler son époux, employé des eaux et forêts en déplacement, et lui narre toutes les bizarreries du week-end. L'homme alertera les forces de l'ordre. Quand la police arrive, la couturière a filé. Le corps d'Aurélien a été déposé à la morgue d'un hôpital de la place.

A.N

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