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Joe Lyriko: « je ne vois pas de femme qui mérite poser sur un de mes sons »

Tue, 19 May 2015 Source: culturebene.com

Il n’a pas sa langue dans la poche; Joe Lyriko fait partie des rares rappeurs qui se maintiennent tant bien que mal dans de l’Underground (hardcore) ou Trap music si vous voulez. Son premier projet Marie Ngombe dans les bacs, ce dernier effectue en ce moment une grosse promo tout autour. Nous nous sommes approchés de lui pour en savoir un peu plus.

S’il faille faire une présentation succincte de votre personne, qui y a-t-il à savoir?

Joe Lyriko est un jeune artiste camerounais, la trentaine sonnée, je fais dans le registre hip hop et mes débuts datent de 1998. C’est à Yaoundé que mes premiers textes voient le jour, ensuite j’ai dû me rendre du côté de Bertoua, puis à Nkongsamba et pour finir je me suis installé à Douala, où le mouvement est véritablement vécu.

Et comment est-ce que vous réussissez à vous faire un nom ?

Disons qu’à Douala j’ai eu la chance de tomber sur des gars du milieu, qui bossaient vraiment bien ; c’est dans les studios SQUAD ROOM, avec des mecs comme REPHTIL, que j’ai pu travailler mes projets. Petit à petit, je bâtissais mon propre label qui porte le nom BENSKIN MUSIC. Pour l’instant c’est mon projet qui sort sous cette écurie, mais d’autres naitront par la suite car l’équipe est tellement grande. D’ailleurs le projet BENSKIN Vol.1 sera livré bientôt.

Et quand on parle de projet, forcement vous faites allusion à MARIE NGOMBE, qui actuellement est en rotation dans les villes de Douala et Yaoundé… C’est exact ; MARIE NGOMBE qui dans un premier temps fait allusion à la fille en effigie sur le billet de 10 000 F Cfa, du moins quand j’étais encore à Yaoundé, c’est le nom qu’on lui avait attribué. Dans Marie Ngombe je parle de cette fille dont tout le monde est amoureux, sauf que j’ai abordé le sujet dans un sens un peu complexe, et malheureusement les camerounais n’aiment plus faire l’effort de comprendre les chansons, alors ils ont dû prendre ce titre au second degré.

Dans le vidéogramme, on me voit avec fille en question, et soudainement on m’appelle pour de l’argent –chez nous on dit : « l’argent m’appelle »-, alors je me rends dans les lieux et c’est une course de moto, sauf que ces motos ne sont pas des motos de courses, mais plutôt des Benskin (qu’on emprunte dans nos quartiers).

Et là vous comprendrez que c’est le volet Business qui est mis en avant car à courir après une femme on ne gagne rien, mais à courir après de l’argent on arrive à tout gagner dans la vie. Donc d’un côté je parle de Marie Ngombe, et de l’autre j’essaye de mettre avant mon côté « business man » et mon label Benskin Music.

On note trop de figures de style dans vos textes, mine de rien…

C’est fait exprès, afin que ceux qui peuvent comprendre, comprennent ; à un moment j’ai pu me rendre compte que le hip hop, cette musique que nous autres pratiquons, est marginalisé un peu comme les motos benskin. En effet, ces motos sont combattues dans des villes or quand il y a embouteillages ou bien quand il faille se rendre dans des zones reculées et enclavées, c’est à elles qu’on a recours. C’est pareil pour le hip hop, on nous traite de tous les noms, mais quand il faut monter des projets et valider des sous, c’est toujours sur le dos des hiphoppeurs qu’on s’enrichi. Faire venir des stars du rap des Etats-Unis à hauteur de centaines de millions alors que les rappeurs locaux ne s’en sortent qu’avec des maigres cachets. Je dépeins un peu cette réalité là.

Juste pour savoir, pourquoi n’avoir pas fait intervenir une voix féminine dans vos projets ?

Déjà –et ça c’est mon point de vue-, un peu comme avec des motos benskin, je ne vois pas des femmes en faire. Le hip hop c’est essentiellement un truc d’hommes, un truc de racaille. Je ne dis pas que jamais je ne collaborerai avec une femme dans mes sons, mais jusqu’ici je ne vois encore où je pourrais les faire intervenir.

C’est de la trap music, et c’est pas trop le dada des femmes. Et honnêtement, ce n’est pas un coup de gueule, mais je ne vois pas une femme qui mérite poser sur un de mes sons.

Source: culturebene.com

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