Le feuilleton Miss Cameroun 2025 prend une tournure judiciaire et institutionnelle inédite. Le Comité d'Organisation de Miss Cameroun (COMICA) a transmis par voie d'huissier, le 13 février 2026, une mise en demeure formelle à Josiane Harangada Golonga, titrée Miss Cameroun 2025, lui intimant de se présenter dans un délai de cinq jours pour répondre des nombreux manquements qui lui sont reprochés. À défaut, elle s'exposerait à une destitution pure et simple, assortie d'une obligation de remboursement de 13 millions de FCFA.
Le document, signé par Me Pierre-Alexis Bayebec, avocat mandaté par le COMICA, est sans ambiguïté. Il rappelle qu'un code de conduite a été librement et irrévocablement signé entre les deux parties le 11 juillet 2025, pour une durée de trois ans. C'est au regard de ce contrat que les manquements de la Miss sont évalués.
Le COMICA lui reproche en premier lieu d'avoir fait preuve d'un retard considérable lors d'un rendez-vous à l'Ambassade de Turquie au Cameroun, causant selon lui une perte de crédibilité significative auprès de cette institution internationale. Plus grave encore, le 27 décembre 2025, Josiane Golonga aurait refusé catégoriquement d'assister à un événement organisé par Canal 2 International, partenaire officiel du COMICA, en violation directe de l'article 9 du code de conduite qui l'oblige à se rendre disponible pour les activités du Comité.
L'un des points les plus saillants du litige concerne le véhicule de fonction mis à sa disposition. Josiane en serait l'unique détentrice des clés et l'aurait, selon le COMICA, abandonné dans un état jugé « piteux ». Elle aurait par ailleurs formulé une demande de restitution dudit véhicule dans une sommation adressée le 9 février 2026 au COMICA, qualifiée par l'avocat de « sommation atypique » fondée sur des « jérémiades mille et une revendications non fondées ».
Autre point de friction : le droit à l'image. Josiane aurait formellement interdit au COMICA d'utiliser son image à quelque fin que ce soit. Or, le contrat stipule clairement que tant que le partenariat est en vigueur, l'image de la Miss reste utilisable par le Comité sans autorisation ni rétribution supplémentaire. Une prétention jugée contractuellement irrecevable par Me Bayebec.
Si Josiane Golonga ne se présente pas dans le délai imparti et ne fournit pas de justifications jugées satisfaisantes, le COMICA la considérera comme démissionnaire. Les conséquences seraient immédiates : restitution de l'écharpe, de la couronne, des clés du domicile alloué et du véhicule de fonction. Elle devrait également rembourser 13 millions de FCFA, correspondant notamment aux dons effectués dans l'Extrême-Nord (7,83 millions) et à sa participation à une compétition internationale (6,18 millions).
Le COMICA lui demande par ailleurs de rendre compte de la gestion des fonds alloués dans ces deux cadres.
Au-delà du cas Josiane Golonga, cette affaire met en lumière les tensions structurelles qui existent entre les lauréates du concours et le Comité organisateur. Entre contraintes contractuelles strictes, exposition médiatique permanente et conditions matérielles parfois contestées, le titre de Miss Cameroun semble s'accompagner d'obligations dont les limites sont rarement clarifiées publiquement. La prochaine semaine sera déterminante pour l'avenir du règne de Miss Cameroun 2025.