Pascale Émane jouerait un rôle comparable à celui attribué à Ghislaine Maxwell
La destitution de Miss Cameroun 2025, Josiane Golonga, a ravivé une vive controverse autour du concours national de beauté, dont la marraine est la Première dame, Chantal Biya. Au-delà de la rupture entre la lauréate et le Comité d’Organisation de Miss Cameroun (COMICA), l’affaire a remis sur la table des accusations récurrentes concernant de supposées pratiques abusives au sein de l’institution.
Ces critiques ne sont pas inédites. Dans son ouvrage Une dauphine dans un monde de requins, publié après son expérience en tant que première dauphine 2016, Audrey Aboula décrivait déjà un environnement qu’elle jugeait oppressant. Elle y relatait un profond mal-être à la suite de son sacre, évoquant un sentiment d’enfermement et de pression constante, allant jusqu’à comparer son expérience à une forme de privation de liberté.
Plus récemment, des accusations d’une tout autre gravité ont émergé dans l’espace public. L’activiste Boris Bertolt affirme l’existence d’un réseau présumé de proxénétisme au sein du COMICA, qui organiserait, selon lui, le placement de certaines lauréates auprès de hautes personnalités et d’hommes d’affaires. Il cite notamment Pascale Émane, directrice générale du comité et fille de sa présidente Ingrid Amougou, comme étant au centre de ce système allégué.
Dans ses déclarations, l’activiste établit un parallèle controversé avec l’affaire Jeffrey Epstein aux États-Unis, affirmant que Pascale Émane jouerait un rôle comparable à celui attribué à Ghislaine Maxwell dans cette affaire. Il l’accuse d’être « le cerveau » du dispositif et d’orchestrer les contacts entre certaines Miss et des personnalités influentes. À ce stade, ces accusations demeurent des allégations publiques. Aucune décision judiciaire n’est venue les confirmer, et les personnes mises en cause n’ont pas officiellement répondu à ces affirmations.
Dans ce climat tendu, le parcours de Josiane Golonga a connu un brusque coup d’arrêt. Élue le 12 juillet dernier à Yaoundé, elle n’aura régné que quatre mois. Durant son mandat, elle a mené plusieurs actions caritatives dans sa région d’origine et représenté le Cameroun à Miss Cosmo International, sans parvenir à se classer.
À son retour en décembre, elle aurait exprimé le souhait de se retirer de ses fonctions, évoquant notamment des arriérés de salaire. Elle aurait également interdit au COMICA d’exploiter son image, malgré le contrat d’exclusivité de trois ans qui les liait.
Convoquée par les responsables du comité pour fournir des explications, Josiane Golonga ne se serait pas présentée. À la suite de cette absence, le COMICA l’a déclarée « considérée comme démissionnaire » et lui a demandé de restituer ses attributs — écharpe, couronne et véhicule de fonction — ainsi que de rembourser la somme de 13 millions de FCFA.
Alors que l’opinion publique demeure divisée, l’affaire soulève de sérieuses questions sur la gouvernance et la transparence du concours Miss Cameroun.
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