L’objectif était de donner aux enfants des repères pour reconnaître des expériences différentes
Sur trente-six élèves réunis au Groupe scolaire bilingue Enfant Noir à Yaoundé, seuls huit avaient déjà vu un film dans une salle. La séance organisée le 22 octobre en marge des Rencontres internationales du film court a donc été à la fois une initiation au cinéma et une conversation sur le handicap.
Les organisateurs ont choisi une œuvre capable d’aborder des handicaps qui ne sont pas toujours visibles. L’objectif était de donner aux enfants des repères pour reconnaître des expériences différentes des leurs et éviter les moqueries. Dans une classe, le film offre un langage commun : une situation, un personnage et une émotion peuvent être discutés sans exposer directement un élève.
Le chiffre de huit habitués sur trente-six rappelle que l’accès au cinéma reste limité par le prix, la rareté des salles et les habitudes familiales. Amener les œuvres à l’école peut élargir le public, mais la médiation compte autant que la projection. Les enseignants doivent disposer de questions adaptées, d’informations sur le handicap et d’un vocabulaire qui ne réduise pas les personnes à leur différence.
Cette expérience peut dépasser le festival si les écoles, cinéastes et associations construisent un programme régulier. Des sous-titres, une audiodescription et des lieux accessibles rendraient la démarche cohérente jusque dans sa forme. Le cinéma camerounais cherche souvent des écrans ; l’école cherche des outils pour parler de citoyenneté. Leur rencontre peut créer de nouveaux spectateurs tout en améliorant la compréhension de l’inclusion.