Il mêle Makossa, Bensikin, Assiko et Mangambeu à des productions Afropop contemporaines
Pendant des années, PhillBill a construit les succès des autres. Avec le Bikossa, il revendique désormais un espace d’auteur-interprète et tente de moderniser les rythmes camerounais sans les transformer en simple décor.
Diyani Bill Munyenge, connu comme PhillBill, a étudié les arts à l’Université de Buea avant de se former à la production au Nigeria. Avec Ridimz puis sous le nom PhillBill Beatz, il a travaillé pour Blanche Bailly, Ko-C, Daphne, Mimie et Locko. Ce parcours explique son oreille de studio, mais aussi le défi de sa carrière solo : être reconnu pour une identité propre après avoir longtemps servi les signatures des autres.
Il nomme cette identité Bikossa, mélange de Makossa, Bensikin, Assiko, Mangambeu, Afropop et Amapiano. Le titre Tètèri aurait dépassé 2,4 millions de vues depuis mars 2026, tandis que l’artiste a reçu une distinction régionale à Madagascar. Les chiffres de plateformes restent à vérifier directement, mais l’intérêt est visible : un public cherche des productions modernes qui gardent une mémoire rythmique locale.
PhillBill prépare des concerts à Buea le 5 décembre et à Kumba le 19 décembre, avec un groupe live. Ce retour dans sa région d’origine peut transformer une marque musicale en communauté, à condition de créditer les instrumentistes, documenter les sources culturelles et investir dans la scène. Le Bikossa réussira moins par son étiquette que par sa capacité à faire danser plusieurs générations sans effacer les traditions qu’il rassemble.