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Election 2018: 'Je batterai campagne pour le MRC'

Des Militants Du MRC Autour De Maurice Kamto Il paraît que quand on dit qu’on ira voter, on cesse d’être analyste politique - Ekanga Ekanga

Wed, 12 Sep 2018 Source: Ekanga Ekanga

Le pays qu’on nomme « Cameroun » (crevettes) est sans aucun doute la plus grande salle de théâtre d’Afrique centrale. Là-bas, il est interdit de faire ce qui n’est pas interdit. Non non, vous n’avez pas mal lu : chez moi au Cameroun, on peut faire quelque chose d’absolument légal et d’absolument légitime (son droit absolu), et être quand même coupable. On peut même se faire insulter pour cela.

Eh oui, je sais, c’est stupidement amusant

Depuis que j’ai annoncé mon soutien au MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) pour les élections du 7 octobre, les théories les plus invraisemblables n’ont cessé de fuser. Certains possèdent sur moi des informations que je ne possède pas moi-même. Du grand art !

J’aurais donc été monnayé par le Professeur Kamto pour lui donner ma voix! ... Intéressant . C’était sûrement une somme colossale pour être parvenu à me corrompre comme ça. Ça explique la nouvelle villa que je me suis achetée hier à Genève, ainsi que ma nouvelle Porsche Cayenne.aux jantes chromées.

Mais on va essayer d’être plus sérieux. Et pour relever le niveau de ce cirque, j’aimerais vous rassurer que les premiers surpris par la nouvelle de mon adhésion, ce fut le MRC lui-même. Je n’ai ni reçu d’argent, ni de promesse quelconque pour fixer mon cap Ce choix résulte d’une réflexion profonde et d’une mise en balance des pro & contra de chaque parti.

Ce fut donc une approche argumentative : la seule méthode que je connaisse, et qui m’a fait connaître auprès de vous depuis déjà quelques années.

CHAGRIN D’AMOUR

La véritable raison qui anime ceux qui essayent maladroitement de me critiquer sur ce chapitre, et ils le savent pertinemment au fond d’eux-mêmes, c’est le fait que je n’ai pas choisi le même parti qu’eux.

***Tout simplement***.

Si aucun membre du MRC ne me critique, c’est parce que mon choix les arrange. Autrement dit, si j’avais choisi Cabral, ou Osih ou Paul Biya, aucun sympathisant de ces formations n’aurait essayé de me relever de mes fonctions d’analyste politique. Je me demande d’ailleurs avec qui j’ai signé cet officieux contrat de travail, pour avoir à me justifier.

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Vous comprenez donc que c’est en réalité un chagrin d’amour qui les anime. C’est comme une femme qui décide de vous quitter un jour sans prévenir. L’amour aura tôt fait de se transformer en haine viscérale. J’en sais quelque chose, donc je vous comprends. Alors, je prends vos insultes comme un compliment, car elles résultent plus de la blessure que de la haine. Vous auriez préféré que je vienne renforcer vos troupes, plutôt que celle de l’adversaire. Tout bêtement

Ainsi, ce ne sont pas mes analyses qui ont changé, mais plutôt votre façon de les voir. C’est donc à vous de vous remettre en question.

POURQUOI J’AI DÉCIDÉ DE LE FAIRE

A quoi sert-il d’analyser la politique si on ne fait pas un choix et qu’on n’encourage pas celui qu’on a choisi, dans l’optique de le voir matérialiser les idées et propositions qu’on lui aura faites ?

Si vous estimez que je n’ai pas à choisir de camp et à aller voter, votre raisonnement est idiot, et en voici la preuve :

Sur la question de la CPI, je soutiens l’illustre Laurent Gbagbo depuis la nuit des temps . Autrement dit, j’aurais été ivoirien que j’aurais voté pour le Front Populaire. Auriez-vous alors dit que je ne suis plus analyste politique ?

Or je clame mon soutien pour Gbagbo depuis trois éternités sur toutes mes plateformes, et je n’ai jamais caché mon aversion pour Alassane Ouattara. Curieusement , pendant toutes ces années, selon les propres dires de certains, j’ai été le meilleur analyste qu’ils aient jamais vu. Voici que je fais un choix pour mon propre pays et Vlan ! Vos langues font une pirouette arrière de 360* et je deviens soudain un gourou subjectif, comme par enchantement.

A force de rire, j’ai eu des crampes à l’abdomen. Vraiment, la sorcellerie ne paye pas.

Car la question revient : avez-vous l’impression que depuis avril dernier , date où j’ai annoncé que je voterai le MRC, mes publications aient perdu en qualité ? Après les 72 jours passés au Cameroun à analyser chaque soir la politique nationale sur des chaînes de télé et radios pourtant concurrentes les unes des autres, ai-je une seule fois manqué de lucidité ?

Avez-vous eu l’impression lors de mes deux grandes conférences à Yaoundé et Douala, que vous avez gaspillé votre argent en frais d’entrée pour aller entendre un gourou dénué d’objectivité?

Nul n’est venu se plaindre. Et pourtant, mes dés étaient déjà jetés.

Combien parmi nous auraient été en mesure d’afficher pareil équilibre dans l’argumentaire, y compris ceux d’entre vous qui se prétendent encore « neutres »?

Ne vous y trompez pas : un analyste politique neutre dans son propre pays n’est qu’un lâche qui, par peur de la critique ( très souvent sans intelligence ) de ses compatriotes politiquement immatures, se replie derrière une impartialité de façade. A ce niveau, il préfère se limiter à critiquer l’impérialisme des Blancs qui eux, sont un sujet global et d’origine externe, qui garantit un large soutien.

Il a ainsi peur de se jeter dans la mare et de s’assumer, car pensant que ceux qui le suivaient hier risquent fort (par bêtise évidemment) de le lâcher sans crier gare.

A se demander à quoi sert in fine son fameux travail d’analyse.

Un analyste politique est un réservoir d’observation, de suggestions, de propositions, d’idées, qui finit par se ranger derrière la formation politique où il sent ces suggestions et ces idées le mieux loties. Sinon, il demeure un commentateur d’événements dont les commentaires n’influent en rien sur le cours des choses. Si les commentaires ont de l’influence, on se tiendra inexorablement là où cette influence se fait sentir. C’est de la logique élémentaire.

Autrement dit, un analyste politique a une OBLIGATION DE CHOIX. Et encore plus en période électorale, sauf dans l’éventualité où il n’est réellement convaincu par aucun des groupements en lice.

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ÉPILOGUE

C’est à cause de votre mauvaise lecture de la politique que mon annonce vous rend si agressifs. Vous pensez que l’arène politique est un terrain d’escrime ou le but est de se découper à la machette. Et dans ce registre, vous pensez que tout le monde est comme vous. Puisque vous avez été initiés à détester et à faire la guerre à toutes les idéologies d’en face, vous pensez aussi que tous ceux d’en face vous détestent, simplement parce que vous êtes de partis différents.

La politique que j’entends pratiquer n’a rien à voir avec cela. Vous êtes Camerounais / Africains avant d’être du RDPC, du MRC ou du RDR. Ce pays nous appartient tous et le devoir de le développer, lui et l’Afrique, nous incombe à tous. Il y aura une vie après les élections, et gagnants comme perdants continueront à porter ensemble ce devoir national et continental

C’est pour ça que je ne donnerai jamais tort à Cabral ou à Osih si je sais qu’il a raison. C’est pour ça que vous m’avez trouvé « neutre » dans mes analyses TV pendant deux mois, alors que j’ai choisi le MRC depuis le début d’année. Cela vous surprend parce que vous pensiez qu’on était pareils dans la trivialité : erreur 404 : je ne suis pas comme vous. Je vous aime bien, même si ça vous étonne.

N’attendez pas de moi la neutralité. Le plat que j’ai décidé de vous servir , c’est le plat de l’**objectivité**, et il suffit largement à rassasier les panses. Vous n’êtes pas de cet avis ?

RENDEZ-VOUS

Quoiqu’il en soit, retrouvons-nous très probablement au Cameroun dans deux semaines dans le cadre de cette excitante campagne présidentielle. Je suis très heureux et bien préparé pour défendre l’offre politique du MRC là où il faudra, et je serais d’ailleurs très ravi d’affronter dans un débat télévisé, ceux d’entre vous qui ressentent le besoin de tester mon objectivité.

Te sens-tu capable de courir le risque de faire perdre des voix à ton parti en mondovision ? Alors viens prouver à la nation que Claude Wilfried est devenu un gourou non-crédible , et que le programme de ta formation politique est le meilleur. Qui sait? Peut-être qu’au contraire, c’est moi qui ferai perdre des voix au mien.

Auteur: Ekanga Ekanga
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