Les consommateurs ont besoin de conseils précis, pas de panique
Le ministère de la Santé a ouvert des investigations après la publication d’une étude signalant des métaux lourds, des résidus d’antibiotiques et des toxines dans des œufs et des poulets. L’annonce demande du sérieux : une substance détectée n’équivaut pas automatiquement à un risque sanitaire établi.
L’étude aurait porté sur 48 poulets et 180 œufs provenant de fermes des régions du Centre, du Littoral et de l’Ouest. Les chercheurs ont recherché notamment cadmium, plomb, mercure, mycotoxines et chloramphénicol. L’Interprofession avicole conteste la généralisation à toute une production nationale estimée à environ 102 millions de poulets et 2,9 milliards d’œufs par an. Cette objection sur la taille de l’échantillon ne suffit cependant pas à invalider les mesures.
Pour conclure, il faut connaître les concentrations, les seuils réglementaires, la méthode de prélèvement et la fréquence d’exposition. Un résultat au-dessus d’une limite dans quelques échantillons peut justifier des contrôles ciblés sans signifier que tous les produits sont dangereux. À l’inverse, rassurer sans publier les analyses affaiblirait la confiance. L’enquête devrait associer laboratoires indépendants, vétérinaires, producteurs et autorités de sécurité alimentaire.
Les consommateurs ont besoin de conseils précis, pas de panique. En attendant les résultats, l’hygiène, la cuisson et l’achat auprès de circuits identifiables restent utiles, même si la cuisson n’élimine pas tous les contaminants chimiques. Le gouvernement doit publier le protocole, les lots concernés et les mesures correctives. La crédibilité de la filière avicole dépendra de la transparence apportée à cette controverse.