Le Cameroun a dépensé 318 milliards de FCFA pour des résultats jugés mitigés par les observateurs
Où sont passés les 318 milliards de FCFA décaissés en 3 ans par l’État camerounais dans le cadre de la couverture santé universelle chère au président Paul Biya ? C’est la question que se posent plusieurs observateurs de la vie publique camerounaise.
Satisfait de l’amélioration des plateaux techniques des hôpitaux camerounais, y compris ceux de district, en 2023, dans son traditionnel discours de fin d’année, le président Paul Biya promettait une santé pour tous selon les objectifs du développement durables, il prenait l’engagement de ne ménager aucun effort financier pour la réussite du programme Couverture Santé universelle.
Lancé en 2023 à Bertoua, le projet de Couverture santé universelle, dont la première phase pilote était estimée à 95 milliards de FCFA, a aujourd’hui vu son budget multiplié par trois.
Trois ans après la mise sur pied de la Couverture santé universelle, le Cameroun a dépensé 318 milliards de FCFA pour des résultats jugés mitigés par les observateurs.
Trois ans après son lancement et 318 milliards de FCFA engloutis par l’équipe de Manaouda Malachie, 75 % des ménages au Cameroun se soignent encore sur leurs propres économies, sans accès à la CSU ni même à de simples assurances maladie.
Pour se défendre, Manaouda Malachie explique que ce retard critique est dû à l’absence de plateaux techniques de qualité dans les régions du pays, ainsi qu’à l’indisponibilité des médecins. Ce qui amène à s’interroger sur l’opportunité du lancement d’un tel projet alors qu’en tant que ministre de la Santé, il était conscient du déficit de médecins dans les régions.
Et pourtant, il y a un an, voilà ce que déclarait Manaouda Malachie dans Présidence Actu :
« Le plateau technique que le Cameroun a aujourd’hui, sur l’ensemble des dix régions, est le même que celui que vous pouvez avoir à l’Hôpital américain de Paris ; c’est le même que vous avez au Canada et même aux États-Unis », Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique.
Christian Penda Ekoka disait, parlant de la vision du président et des moyens financiers disponibles :
« Vous ne pouvez pas faire voler un avion avec le moteur d’une Coccinelle. »
Paul Biya a besoin des hommes qu’il faut pour l’accompagner.
Albin Michel Njilo