Pour elle, l’enjeu est désormais celui de l’état général de la démocratie camerounaise
La présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Tomaino Ndam Njoya a officiellement réagi suite à la démission de Maurice Kamto de la présidence du MRC. Sans spéculer sur les motivations, elle considère cet événement comme le révélateur de difficultés plus larges affectant l’opposition et le fonctionnement démocratique au Cameroun, notamment les contestations de légitimité, les pressions et les obstacles auxquels seraient confrontés les partis politiques.
La démission de Maurice Kamto de la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) continue de provoquer des réactions au sein de l’opposition. Dans une déclaration datée du 9 septembre 2026, la présidente nationale de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), Tomaino Ndam Njoya, estime que ce départ dépasse les seules affaires internes du MRC et révèle, plus largement, les difficultés auxquelles sont confrontés les partis politiques au Cameroun.
Sans chercher à interpréter les motivations de Maurice Kamto, la dirigeante de l’UDC affirme que « ce qui arrive à un parti politique […] concerne, tôt ou tard, tous les démocrates ». Elle décrit une « dégradation préoccupante de la place accordée au politique », évoquant des partis fragilisés, des responsables dont la légitimité est régulièrement contestée ainsi que des militants confrontés, selon elle, aux « pressions, intimidations et découragement ».
Pour Tomaino Ndam Njoya, la compétition politique camerounaise se serait progressivement éloignée d’une confrontation normale entre programmes. Elle dénonce des « batailles à armes inégales », des controverses permanentes sur la légitimité des acteurs et des obstacles qui épuiseraient les organisations politiques.
« UN OPPOSANT N’EST PAS UN ENNEMI DE LA RÉPUBLIQUE ».
L’UDC profite surtout de la crise au MRC pour adresser un message au pouvoir. « Un Parti politique n’est pas un ennemi de l’État. Un Opposant n’est pas un ennemi de la République », affirme la déclaration.
Le parti estime qu’un régime démocratique ne devrait pas chercher à affaiblir ses adversaires, mais être capable d’affronter une opposition forte dans les urnes. « La grandeur du pouvoir ne se mesure pas au silence de ses adversaires, mais à sa capacité à accepter leur existence », écrit Tomaino Ndam Njoya.
La responsable politique dénonce également ce qu’elle qualifie de « petites manœuvres », de « fourberies » et de « coups bas illégaux contre la Démocratie et la République ». Il s’agit ici d’une appréciation politique de l’UDC : la déclaration ne documente pas précisément les actes auxquels ces accusations font référence.
UN MESSAGE AUX MILITANTS DU MRC
Tomaino Ndam Njoya s’adresse directement aux militants du MRC, les appelant à ne pas laisser les difficultés actuelles transformer leur engagement en résignation. Elle rend parallèlement hommage à Maurice Kamto et Mamadou Mota, auxquels elle dit témoigner son « respect républicain » pour les décisions qu’ils ont choisi de prendre.
La déclaration intervient dans un contexte de bouleversement au sein du MRC après les annonces de départ de ses principaux dirigeants. Mais l’UDC refuse d’en faire uniquement une crise interne au parti.
Pour Tomaino Ndam Njoya, l’enjeu est désormais celui de l’état général de la démocratie camerounaise. Son parti défend une République où aucune force politique n’aurait besoin de « disparaître pour que l’autre puisse exister » et où le pouvoir se gagne — et se perd — par la confiance populaire.
Une prise de position qui transforme ainsi la démission de Maurice Kamto en interpellation plus générale sur les conditions d’exercice de l’opposition et de la compétition politique au Cameroun.
Boris Bertolt