Nomination de Vice-président : Voici la mission secrète confiée au « ventrilogue » Cabral Libii

Cabral Libii Tete Levee.jpeg 'Cabral LIBII est un instrument de promotion d'une succession de gré à gré'

Fri, 18 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans une lettre ouverte, Christian Ntimbane Bomo, président exécutif du Parti Héritage, conteste l’appel de Cabral Libii à la nomination d’un Vice-Président de la République. Il estime que les arguments liés à l’âge du président Paul Biya et au fonctionnement des institutions ne justifient pas la création d’un tel poste, soulignant que des mécanismes de délégation de pouvoirs existent déjà au profit du Premier ministre et des ministres.

REPONSE OUVERTE AUX COMMANDITAIRES DU VENTRILOQUE CABRAL LIBII

Chers compatriotes,

Vous avez suivi avec grand intérêt la curieuse sortie de M. Cabral LIBII, député à l'Assemblée nationale et Président du parti politique PCRN, appelant le Président Paul BIYA à nommer un Vice- Président de la République.

Vu le caractère public de cette sortie, et l'analyse de son opportunité ; en ma qualité de leader d'opinion et politique averti, je me dois d'y apporter quelques clarifications juridico-socio politique, afin d'éviter l'aboutissement d'une telle aventure périlleuse pour la stabilité de notre pays.

Pour justifier la désignation d'un Vice- President M. Cabral LIBII expose que :

-le Président de la République est très âgé (94 ans) et de ce fait, a nécessairement besoin d'être assisté dans ses missions.

- Le pays est bloqué, il y a des féminicides, l'affaire Martinez Zogo piétine, le conseil supérieur de la magistrature a besoin d'une suppléance par le Vice- Président de la République...

I- Sur la nécessité de l'assistance du Président de la République par le Vice- President parce qu'il est très âgé, les commanditaires derrière cette sortie ne se rendent- ils pas compte qu'ils viennent de démontrer à travers ce constat, une alteration irréversible des capacités physiques de Paul BIYA ; révélant ainsi un cas d'ouverture de la vacance pour incapacité définitive.

2- Sur l'évocation du blocage du pays avec des exemples sur la montée des feminicides, l'affaire Martinez Zogo, la tenue du Conseil superieur de la magistrature.

À se demander en quoi la nomination d'un Vice- Président mettra un terme aux féminicides, permettra de faire aboutir le procès de Martinez Zogo, permettra la tenue du Conseil superieur de la magistrature alors que la loi de 1982 portant son fonctionnement prévoit que le Ministre de la justice est le Vice- Président de ce conseil et que celui-ci pourrait aussi en tant que ministre, bénéficier de la délégation expresse de pouvoir de l'article 8 de la constitution?

3-Continuant son exposé, le porte-voix d'un des clans pouvoiristes de Yaoundé assoiffé d'une succession de gré à gré, conseille au Président de la République de déléguer des pouvoirs au Vice-President de la République conformément à l'article 10 de la constitution.

Car il serait un assistant Constitutionnel du Président de la République.

Or dans ses propres démonstrations M. LIBII reconnaît que le Premier Ministre et les ministres bénéficiant de cette même délégation de pouvoirs sont aussi des assistants constitutionnels du Président de la République.

Qu'est ce qui justifierait donc finalement la délégation de pouvoirs au Vice- Président et non pas au Premier Ministre ? Aucune.

4- En réalité, et vous l'aurez constaté, M.LIBII a soigneusement évité, et à dessein d'évoquer le but principal de sa communication marionnétisée : celle de vouloir doter notre pays d'un Vice- Président, successeur constitutionnel, c'est à dire qui devra continuer le mandat du Président Paul BIYA, visiblement dans un cas d'incapacité définitive.

En d'autres termes, Cabral LIBII est un instrument de promotion d'une succession de gré à gré, dynastique, hors la voie démocratique.

Incompréhensible posture d'une personne s'étant souvent présentée comme défenseur du vote citoyen dans notre pays (association 11millions de citoyens) !

Un crime n'étant jamais parfait, cette manipulation politique atteindra son comble, lorsque M. Cabral LIBII, supposé opposant au régime, rentrera dans les secrets du cœur de Paul BIYA en reconnaissant deux personnes qui lui sont loyales et fidèles et qui cochent toutes les cases pour assumer la fonction de Vice- Président.

Terrible !

C'est tellement gros comme le nez au milieu du visage, la loyauté et fidélité n'existant pas en politique, mais uniquement dans le cadre familial.

Au demeurant e que M. Cabral LIBII feint d'ignorer, c'est que la désignation d'un Vice- Président par voie discrétionnaire du Président de la République et en violation du principe constitutionnel de la non rétroactivité des lois, en cours de ce mandat présidentiel fortement contesté, est un réel risque d'instabilité du Cameroun.

Les populations de certains fiefs électoraux qui tiennent mordicus le discours de la victoire volée ou celles qui y verraient l'exclusion de leur communauté linguistique accepteraient-elles silencieusement une telle passation de pouvoir ? Rien n'est si sûr.

En conséquence, les seules options pour la paix et l'efficacité de nos institutions, appellent à éviter toute nomination antidémocratique d'un Vice- Président, mais plutôt, à demander la démission du Président

Paul BIYA.

Par Christian Ntimbane Bomo

Président Exécutif du Parti HÉRITAGE.

Source: www.camerounweb.com