'Ekane a été tué avant que la phase 2 démarre vraiment'
La stratégie politique d’Anicet Ekane et du MANIDEM dans leur alliance tactique avec Issa Tchiroma Bakary en vue de l’élection de 2025 est défendue par plusieurs acteurs de la vie politique camerounaise. Anicet Ekane savait dès le départ que Tchiroma, ancien allié du pouvoir, pouvait trahir, mais considérait cette alliance comme un « mal nécessaire » pour affaiblir le système du RDPC et ouvrir le jeu politique. Inspiré des leçons de 1992 autour de l’opposition à Paul Biya et de l’expérience de l’UPC avec John Fru Ndi, Anicet Ekane aurait préparé un « plan B » afin que le mouvement survive à une éventuelle trahison.
LA STRATEGIE ANICET GEORGES EKANE ÉTAIT BIEN PENSÉE. C’ÉTAIT UN CALCUL DIALECTIQUE : ACCEPTER UNE CONTRADICTION TEMPORAIRE POUR FAIRE AVANCER LE RAPPORT DE FORCES...
1. LE "MAL NÉCESSAIRE" D’EKANE.
Anicet Ekane connaissait Tchiroma depuis les années 90.
Il savait que Tchiroma vient du sérail RDPC, qu’il a été ministre de Biya pendant 20 ans, et que leur idéologie ne matchait pas.
▪️Tchiroma = libéral, pragmatique, parti FNSC.
▪️Ekane/MANIDEM = anti-impérialiste, nouvelle indépendance, rupture.
▪️Donc l’alliance UPC 2025 n’était pas une fusion idéologique.
C’était une alliance tactique : utiliser le poids de Tchiroma, son réseau, sa légitimité au Nord, pour faire sauter le verrou Biya.
Ekane disait souvent :
"la question n’est pas d’être d’accord sur tout, la question est de savoir si on peut mettre Biya en minorité le jour J. "
2. POURQUOI LE MANIDEM, AVEC LUI AVIONS INTEGRÉ LE RISQUE DE TRAHISON
Parce qu’on misait sur 2 choses :
A. Le rapport de forces populaire
•Anicet pensait que si Tchiroma trahissait après la chute de Biya, le peuple ne le suivrait pas.
•Le peuple kamerunais, dans sa lecture, ne pardonne pas celui qui reprend le système après avoir promis le changement.
•C’était le pari :
"Je lui donne la vitrine, mais c’est la rue qui gardera le contrôle."
B. La balle au centre
•Avec Biya dehors, le jeu repart à zéro.
Plus de RDPC intouchable, plus de jeu verrouillé.
À ce moment-là, même si Tchiroma trahit, le Manidem et l’opposition réelle auraient eu un espace pour exister et se battre.
Mieux vaut se battre dans un Kamerun ouvert, même avec des traîtres, que mourir étouffé dans un Kamerun fermé.
3. LE DIALECTICIEN EKANE
Ekane était un dialecticien.
Il raisonnait en contradictions :
A. Tchiroma est à la fois un produit du système et un outil pour le détruire.
- L’alliance est à la fois nécessaire et dangereuse.
- La victoire tactique peut contenir la défaite stratégique, si tu ne prépares pas le rapport de forces d’après.
B. Il faisait ça depuis l’UPC clandestine : s’allier à des gens avec qui il ne boirait pas une bière, parce que l’objectif du moment le demandait. Mais il gardait toujours une structure indépendante derrière.
4. LA CONSÉQUENCE
Alors ce qu’on voit aujourd’hui n’aurait pas été une surprise pour Ekane, et n'est pas non plus une surprise pour le Manidem car le scénario B avait été anticipé.
C'est là où la partie dialectique entrait en jeu.
◾Ekane misait sur le fait que le peuple Kamerunais ne suivrait pas quelqu'un qui trahit après avoir promis le changement.
Une fois Biya affaibli, le terrain devient ouvert
◾Si Tchiroma trahit, il perdra sa légitimité et la rue se tournerait vers ceux qui sont restés cohérents.
Anicet voulait laisser le peuple arbitrer et comme il disait toujours:
"Tout dépend du peuple.
Les vrais acteurs du changement c'est le PEUPLE KAMERUNAIS. "
5. LE PROBLÈME EST QUE LA MORT EST VENUE
Ekane a été tué avant que la phase 2 démarre vraiment.
Ainsi:
◾Il n'a pas pu arbitrer cette phase qui démarre.
La vraie question devient : est-ce que le MANIDEM et la base (Le peuple du Changement) qui croit à la ligne Ekane ont les moyens de jouer le rôle qu’il leur avait réservé ?
C’est-à-dire être le garde-fou populaire contre ces trahisons ?
◾Le pouvoir de Yaoundé est en action aujourd'hui, en consultation déjà.
Oui il parie sur l'appât du gain, les intérêts personnels de ces "hommes politiques " à la petite semaine, ces anti-patriotes.
◾Mais si les Patriotes Kamerunais, le Peuple du Changement est là, le plan tient encore.
Si non, alors les traîtres récupèreront l’héritage mais sans le contenu.
6. REVENONS À 1992.
C’est la référence que beaucoup utilisent pour comparer avec 2025, et il y a
A. Ce qui s’est passé en 1992 avec l’UPC et Fru Ndi
▪️Le contexte brièvement
- L’UPC était divisée en 1992 entre 2 lignes:
•L’aile Kodock : "modérée", prête à négocier avec le pouvoir.
Kodock a décidé de ne pas se présenter et de soutenir Paul Biya.
•L’aile Ntumazah : "radicale", voulait boycotter et garder la ligne historique de l’UPC. 7b5
▪️Le choix de Fru Ndi
•L’UPC officielle ne présente pas son propre candidat.
•Une coalition d’une vingtaine de partis, l’Union pour le Changement, choisit John Fru Ndi comme candidat unique de l’opposition.
•Fru Ndi était le plus populaire après les "villes mortes".
Le choix était quasi unanime parce qu’il était vu comme "le choix du peuple"
▪️Le résultat
•Fru Ndi obtient 35,97% officiel.
L’opposition revendique la victoire, le pouvoir annonce Biya à 39,98%.
•L’UPC Kodock, elle, soutient ouvertement Biya.
Donc l’UPC est à la fois dans la coalition qui porte Fru Ndi et dans le camp qui soutient Biya.
C’est la scission qui cocommence.
B. La comparaison avec 2025 et Tchiroma
1992 : UPC92 + Fru Ndi
2025 : UPC 2025 + Tchiroma
▪️ Logique de l’alliance Mettre un candidat populaire pour battre Biya au 1er tour. Loi électorale sans 2e tour. •Même logique :
alliance tactique pour rouvrir le jeu et mettre le RDPC en minorité.
▪️ Rôle de l’UPC Divisée.
Une partie suit Fru Ndi via la coalition, l’autre soutient Biya via Kodock.
Divisée aussi.
Ekane signe "no compromise", mais Tchiroma entre au gouvernement et abandonne la condition "reprise du processus".
▪️ Attitude du candidat porté.
Fru Ndi reste dans l’opposition, revendique la victoire, ne négocie pas de poste.
Tchiroma entre au gouvernement.
Il abandonne la revendication centrale de l’accord.
▪️ Conséquence
•L’UPC perd en crédibilité auprès des militants radicaux.
•Ntumazah meurt isolé.
•L’UPC devient un parti "de gouvernement".
•Même risque : l’aile qui suit Ekane/Manidem perd le leader, mais garde la ligne.
•L’autre aile récupère des postes mais perd la légitimité de rupture.
C. La leçon que tirait Ekane de 1992
▪️ Ekane analysait 1992 comme une "victoire tactique ratée stratégiquement" :
* L’opposition a su s’unir sur un nom, mais n’a pas prévu le plan B si le candidat porté négociait ou si le pouvoir volait.
* Résultat : après 1992, l’opposition s’est fragmentée et le RDPC a repris la main.
▪️C’est pour ça qu’il insistait auprès des camarades du Manidem et chez certains de l'UPC 2025 sur la phase 2:
•avoir une base indépendante qui survit à la trahison.
En 1992, l’aile Ntumazah a joué ce rôle, mais trop petite et trop isolée.
D. La différence clé en 2025
▪️En 1992, Fru Ndi était le candidat de la coalition.
Il n’avait rien à gagner à trahir.
▪️En 2025, Tchiroma est un poids lourd du régime qui rejoint l’alliance.
Le risque de retour au bercail était calculé dès le départ par Ekane.
▪️Donc l’histoire ne se répète pas exactement :
•en 1992 l’UPC a été surprise par la trahison interne Kodock.
•En 2025, Ekane anticipait la trahison de Tchiroma et construisait sa stratégie autour.
E. C’est pour ça qu’Anicet disait souvent que 1992 était "l’école"
▪️En 1992, l’UPC et le reste de l’opposition ont mis tout sur Fru Ndi sans prévoir ce qui se passe si :
* Le pouvoir vole quand même la victoire
•Le candidat porté négocie à part
Résultat : la coalition explose, Kodock part avec Biya, Ntumazah reste seul avec la ligne mais sans structure pour la porter.
▪️En 2025, Anicet reprend la même tactique - alliance tactique pour casser le monopole RDPC - mais il inverse l’erreur.
Il part du principe que Tchiroma va trahir.
Du coup :
* Il ne met pas toute la légitimité du Manidem dans Tchiroma
* Il garde la condition "reprise du processus + libération des prisonniers" comme ligne rouge publique
* Il prépare l’après-trahison : si Tchiroma rentre au gouvernement, c’est lui qui perd la crédibilité de rupture, pas le Manidem
▪️C’est une lecture de 1992 en négatif.
Plutôt que: "on espère qu’il ne trahit pas";
c’est : "on s’organise pour que sa trahison ne nous tue pas".
•Les militants du Manidem ont compris et intégré cette logique, contrairement aux gens arriérés politiquement qui croyaient vraiment à l’alliance jusqu’au bout ?
•Anicet nous disait déjà que "la bataille la plus dure sera après les élections".
Nous étions bien preparé à l’idée que l’élection elle-même n’était pas la fin du jeu.
Car gagner la bataille politique du jour ne sert à rien si tu perds la bataille d’après.
▪️Ça veut dire que les militants fideles à la ligne EKANE du Manidem avaient compris dès le depart que :
* L’alliance avec Tchiroma était un moyen, pas une fin.
* Le vrai test arrive quand le pouvoir propose des postes et divise.
* Garder la cohérence après coup est plus important que de faire le bon score le jour J.
Beaucoup de mouvements se cassent la gueule là-dessus. Ils gagnent en visibilité, puis ils implosent après.
RIP MOT'A BATO, DES GRAINES, TU EN AS SEMÉ
"Le sang des Patriotes est une semence de Patriotisme."
Mariane SIMON-EKANE (MANIDEM) alias Mat1501 alias Mariana Simonikova Ekane