Le 23 avril ne sera donc pas juste une date d’audience
La bataille qui oppose le Vice-président du MRC et l’ancien trésorier de la même formation politique quitte les réseaux sociaux pour s’installer devant les tribunaux. Le juge du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi a renvoyé l’affaire pour une raison plus ou moins inquiétante.
Ce matin au Tribunal de Grande Instance du Mfoundi, ce n’était pas un simple renvoi technique comme on en voit tous les jours, non… c’était le moment où une affaire commence à respirer juridiquement, à prendre chair, à sortir du bavardage politique pour entrer dans le dur du droit.
Affaire Mouvement Pour la Renaissance du Cameroun et Mamadou Mota contre Okala Ebode. Sur le papier, ça peut sembler banal. Mais en réalité, c’est un duel où chaque mot déposé au greffe pèse plus lourd que mille discours sur les plateaux télé.
L’affaire est mise en état. Traduction simple pour le citoyen lambda : on sort du flou, on entre dans la cuisine interne du procès. Et dans cette cuisine, chacun vient déposer ses ingrédients. Ce matin, le camp d’Okala Ebode a sorti ses cartes : l’original de l’assignation enfin produit, accompagné d’un bordereau des pièces. Autrement dit, on ne parle plus en l’air, on commence à prouver.
Et là, le juge Alima Camille fait une move qui n’est pas anodin : il ordonne une collégialité. Ça veut dire quoi en langage de la rue ?
Que l’affaire est trop sensible pour être laissée à un seul cerveau. On met plusieurs juges autour de la table. Quand la justice fait ça, ce n’est jamais pour décorer… c’est souvent parce que le dossier sent le poids politique, médiatique ou stratégique.
La composition du collège sera rendue publique. Et ça aussi, ce n’est pas un détail. Parce que dans notre contexte, les noms des juges peuvent eux-mêmes devenir un message.
Maintenant, balle au pied du MRC et de Mamadou Mota. Le tribunal attend leurs observations pour le 23 avril 2026. C’est là que le vrai match commence. Parce qu’en justice, celui qui parle après a l’avantage de répondre, de démonter, de repositionner.
Ce dossier nous rappelle une chose simple mais souvent oubliée : au Cameroun, la bataille politique ne se joue plus seulement dans les meetings, plateaux télé ou sur Facebook. Elle se déplace de plus en plus dans les prétoires. Le juge devient arbitre de conflits qui, hier encore, se réglaient dans la rue ou dans les couloirs du parti.
Et quand la politique entre au tribunal, ce n’est jamais innocent. C’est soit pour détruire un parti politique devenu notif pour le régime, soit pour neutraliser un adversaire en interne, soit pour écrire une vérité officielle.
Le 23 avril ne sera donc pas juste une date d’audience. Ce sera un moment de clarification. Qui accuse ? Qui prouve ? Qui résiste ? Et surtout… qui maîtrise réellement le terrain du droit dans ce pays où beaucoup parlent fort, mais peu savent plaider juste devant une justice au main de L'exécutif.
L’opinion est prévenue. Ici, chaque audience est un épisode. Et comme dans toute bonne série camerounaise… le vrai suspense commence toujours après le premier acte.
Alex KAMTA L'usurpateur