Calixte Beyala détruit Issa Tchiroma et révèle le vrai visage du politicien

Calixte Beyala Issa Tchiroma TIKTOK Calixte Beyala met aussi en avant le déclin progressif de l’influence d’Issa Tchiroma

Tue, 5 May 2026 Source: www.camerounweb.com

L’écrivaine camerounaise Calixte Beyala a été très critique à l’encontre d’Issa Tchiroma lors d’un échange sur TikTok. L’ancienne soutien de Tchiroma exprime une profonde déception, l’accusant de manque de courage, de stratégie et d’engagement, notamment pour avoir quitté le Cameroun au moment où ses partisans faisaient face à la répression. Selon elle, son exil a brisé la confiance avec ses soutiens et affaibli sa crédibilité politique, faute d’actions concrètes pour maintenir une dynamique (comme la mise en place de structures ou de symboles de pouvoir). Elle souligne que son ascension était surtout liée aux circonstances politiques plutôt qu’à une base solide. Calixte Beyala met aussi en avant le déclin progressif de l’influence d’Issa Tchiroma, marqué par une stratégie jugée incohérente et déconnectée, laissant penser que sa trajectoire politique pourrait être éphémère malgré les espoirs de ses partisans.

Calixte Beyala a enfin dit haut et fort ce que de nombreux

Camerounais murmuraient depuis longtemps. Lors d’un échange sans filtre et explosif sur TikTok, cette figure de proue de la littérature d’origine camerounaise et basée à Paris a lancé une critique cinglante à l’encontre d’Issa Tchiroma, dénonçant ce qu’elle a qualifié d’absence désastreuse de courage, de stratégie et de fermeté politique. Tchiroma, qui devait participer à l'émission, s'est ostensiblement excusé. Ce n'était pas un débat. C'était un règlement de comptes.

Beyala n’est pas une simple observatrice. Elle a été l’une des premières personnalités camerounaises à soutenir la candidature de Tchiroma à la présidence après sa démission du gouvernement Biya, apportant son capital culturel à ce qui a brièvement semblé être une révolte sérieuse contre un régime vieux d’un demi-siècle. C’est précisément ce qui rend sa condamnation si dévastatrice : il ne s’agit pas du chant d’un ennemi, mais plutôt d’une ancienne adepte prononçant un mea culpa public.

Tchiroma, affirme-t-elle, s’est enfui en Gambie au moment même où ses partisans payaient de leur vie dans les rues du Cameroun. Dans un contexte politique où le symbolisme est souvent plus puissant que les mécanismes politiques, cette fuite est devenue son acte fondateur. La stratégie, a-t-elle affirmé, s’est évaporée dès l’instant où il a préféré une survie confortable sous un ciel étranger à la résistance sur le front intérieur. L’exil d’Issa Tchiroma a entraîné une désintégration progressive du contrat moral qui le liait à ses partisans.

Beyala a dénoncé le refus de Tchiroma d’accomplir ne serait-ce que les actes les plus élémentaires de défiance post-électorale depuis son lieu d’exil où il prétend bénéficier d’un traitement présidentiel : pas de cérémonie d’investiture fictive, pas de gouvernement fantôme, bref, pas de mise en scène du pouvoir. Dans les systèmes autoritaires, la perception est l’oxygène ; Tchiroma a refusé de respirer.

Ses propos renforcent un sentiment de méfiance national plus large qui n’avait cessé de croître depuis son exil. Les analystes et les experts s’accordent de plus en plus à dire que la fuite de Tchiroma du Cameroun a opportunément réduit son champ d’action politique. Son ascension fulgurante après sa démission était bien réelle, mais elle était aussi circonstancielle, fragile et dangereusement surinterprétée.

Au départ, les apparences jouaient en sa faveur. L'effondrement de l'ancienne alliance nordiste avec le régime de Biya, conjugué à la fragilité et à l'épuisement de Bello Bouba (du PNUD), présentait Tchiroma comme l'héritier charismatique de l'influence politique du Nord. Ajoutez à cela l'exclusion arbitraire de Maurice Kamto de la course par le régime, et la voie était toute tracée pour une victoire électorale.

En politique, la dynamique peut faire basculer les choses à des moments charnières, mais ce sont les infrastructures et l’ancrage local qui garantissent la pérennité. La popularité de Tchiroma a été principalement catalysée par les circonstances, nées d’un timing plutôt que d’une préparation. Il a su saisir l’occasion – avec habileté – mais il lui manquait toute structure pour la pérenniser. Bien qu’il continue d’affirmer qu’il a remporté l’élection du 12 octobre, une conviction sans organisation ni action délibérée n’est que du bruit.

Depuis son exil, ce bruit est devenu erratique. Les appels à de vagues « miracles », les alliances avec des personnalités prônant une violence politique grotesque, les appels absolutistes au boycott des élections locales et le fait de qualifier sans discernement les partis d'opposition dissidents de collaborateurs du régime — tout cela indique une stratégie déconnectée de la réalité. Ce qui se fait passer pour un grand dessein ressemble de plus en plus à de l'improvisation sous pression.

Dans l’écosystème impitoyable de la politique de l’ère Biya, la longévité est un tout autre art. Le pouvoir ne se conserve ni ne se reconquiert si facilement – surtout pas depuis l’exil, avec une santé qui se détériore, sans ancrage territorial et avec une équipe de coordination en désaccord. Le régime comprend parfaitement cette logique ; c’est grâce à elle qu’il survit.

Les politiciens sont éphémères. Certains arrivent avec du charisme et une rhétorique accrocheuse, alimentant l’espoir en démontrant que le régime peut être remis en cause. D'autres apportent de la discipline, de l'expertise, ainsi qu'une volonté et une capacité apparentes à agir. Puis il y a les étoiles filantes : rapides, enivrantes et éphémères. La trajectoire de Tchiroma ressemble de plus en plus à cette dernière.

Ses partisans inconditionnels s'accrochent à l'illusion qu'il lui reste une marge de manœuvre, que l'exil n'a pas effacé sa capacité à récupérer ce qu'il affirme être sa victoire volée. Pendant ce temps, le régime se moque de son départ précipité vers la Gambie.

La vérité dérangeante est la suivante : la force des politiciens dépend de la ténacité de leur soutien. Ce soutien est mis à l’épreuve par le temps, par la peur et par des affrontements prolongés. Des manifestations sporadiques, aussi nobles soient-elles, ne suffisent pas à démanteler un système vieux de cinquante ans, protégé par des soldats conditionnés à tuer. Un sentiment de plus en plus radicalisé soutient désormais que seule une force symétrique peut faire tomber le régime, faisant écho à la logique de la violence qui ronge déjà le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

La diatribe de Beyala n’était pas seulement une critique. C’était une autopsie — pratiquée alors que le patient continue d’affirmer qu’il est encore en vie.

Angie Forbin

Source: www.camerounweb.com