« Le Littoral aux Littoraliens » : Comment le RDPC utilise la division pour cacher ses échecs

Jean Nkuete Cameroun Biya 'Au Cameroun, les colons ont simplement été remplacés par de nouveaux maîtres'

Thu, 11 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Les tensions ethniques et les discours anti-Bamiléké au Cameroun trouvent leurs racines dans un système hérité de la colonisation, fondé sur la division des populations et la concentration du pouvoir entre les mains d'une minorité. Les régimes successifs ont entretenu la méfiance entre communautés, notamment envers les Bamilékés et les Anglophones, afin de préserver le statu quo politique.

“Littoraliens”, haine anti-Bamileke, état complice

Dans les sociétés coloniales, c’est‑à‑dire celles où les ressources étaient volontairement rendues inaccessibles aux populations, le colon sélectionnait quelques individus issus de certains grands groupes sociologiques pour les intégrer à son appareil.

Cette cooptation servait avant tout à donner l’illusion d’une représentation, sans jamais remettre en cause la structure de domination.

Les groupes laissés à l’écart devenaient alors méfiants les uns envers les autres. Chacun voyant dans son voisin une menace potentielle.

Une compétition malsaine s’installait, alimentée et parfois soigneusement orchestrée par le pouvoir, qui désignait en coulisses ses « ennemis », en particulier ceux qui pourraient menacer le statu quo.

Au Cameroun, les colons ont simplement été remplacés par de nouveaux maîtres ; le mode de gouvernement, lui, est resté presque intact, mater la dissidence de manière impitoyable, exploiter les ressources sans rien redistribuer aux masses, faire la loi et la violer au gré des intérêts des dirigeants… bref, un État où une petite minorité extrait, exploite et s’accapare tout.

Les périodes électorales deviennent ainsi des moments où l’on espère « passer à la caisse » ou renégocier quelques miettes. Le débat se durcit, la parole se radicalise, et les agressions ciblant certains groupes se multiplient.

Depuis l’indépendance, les régimes Ahidjo puis Biya ont désigné deux ennemis principaux, les Bamilékés et les Anglophones.

Aujourd’hui, la parole se décomplexe d’avantage. Le discours de haine anti‑Bamiléké notamment devient plus audible, et des agressions visant des commerçants originaires de l’Ouest se multiplient, « en terre étrangère » dans leur propre pays.

Une haine en attise une autre, et l’hostilité dirigée contre les Bamilékés finit, à son tour, par nourrir un ressentiment voilé : celui que l’on éprouve envers ses persécuteurs.

Le régime, lui, souffle sur les braises comme s’il avait du pétrole dans la bouche. Une telle dynamique ne peut mener qu’à une seule issue : la déflagration.

Certains responsables politiques eux‑mêmes ont choisi de faire de la haine anti- Bamileke et la xénophobie leur fonds de commerce.

Lorsque vous verrez émerger, dans le futur, des marches haineuses autorisées par une autorité administrative censée sanctionner ces dérives, ou des concepts comme celui de « Littoraliens », portés par des figures revendiquant ouvertement une hostilité envers les Bamilékés, ne vous y trompez pas, il ne s’agit que de maillons secondaires d’une chaîne plus vaste.

Ils révèlent la faillite de l’État Camerounais, incapable d’assurer à ses citoyens les besoins les plus élémentaires. Cette incapacité pousse certains à se réfugier dans la peur, la haine de l’autre et la recherche d’ennemis imaginaires pour donner sens à leur frustration pendant que les puppet masters festoient tranquillement avec l’argent de l’or Camerounais.

Angie Forbin

Source: www.camerounweb.com