Il critique les luttes de succession et les rivalités internes au pouvoir
Les derniers évènements qui ont secoué le Cameroun avec l’affaire des faux décrets font réagir Ben Akih du Conseil pour la Souveraineté du Cameroun. Dans une réflexion publiée sur les réseaux sociaux, il affirme que l’élection présidentielle de 2025 a été remportée par Issa Tchiroma Bakary et accuse le régime de Paul Biya d’avoir confisqué la volonté populaire avec l’appui des institutions. Il critique les luttes de succession et les rivalités internes au pouvoir, notamment autour de la question d’une éventuelle vice-présidence, qu’il juge illégitime.
LE CAMEROUN EST NOTRE PAYS. NOUS POUVONS CHOISIR DE DÉFENDRE SA SOUVERAINETÉ OU DE LA PERDRE AU PROFIT DES CLANS RIVAUX DU RÉGIME BIYA…. Ben AKIH
« Chers frères et sœurs,
Nous sommes en plein cœur d’un suspense électoral et d’un état d’exception. À la veille du 12 octobre 2025, il était clair comme de l'eau de roche que le Cameroun avait voté pour M. Tchiroma comme troisième président — et le tout premier à accéder à la présidence par la volonté directe du peuple. Il y a des années, M. Fru Ndi aurait dû être notre troisième président et le premier directement élu par le peuple souverain du Cameroun, mais sa victoire a été volée. Aujourd'hui, l'histoire se répète.
Je crois qu'il est au pouvoir des Camerounais de faire respecter la volonté du peuple et de résoudre cet état d'exception en faisant prêter serment à M. Tchiroma. Certains d'entre nous ont malheureusement recours à des acrobaties juridiques ou à de la pure paresse, affirmant que l'élection est derrière nous. Si nous prenons au sérieux le fait que le Cameroun appartient à chacun d'entre nous — comme nous le devons absolument —, nous ne devons jamais adopter l'attitude d'indifférence que l'on observe actuellement chez certains de nos compatriotes.
Le principe suprême de gouvernement dans une démocratie constitutionnelle est la souveraineté du peuple. Sa volonté, une fois clairement exprimée conformément aux lois en vigueur, ne peut être contournée — et encore moins en violant la loi et en prenant les institutions de l'État en otage. Lorsque cela se produit, il s'agit d'une prise d'otage de la souveraineté, une attaque semblable à l'invasion d'une puissance étrangère. En réalité, cette agression interne est bien plus dangereuse car elle frappe de l'intérieur. Ce n'est qu'en mobilisant les citoyens et en restaurant cette souveraineté que l'ennemi pourra être soumis. C'est en vain que certains comptent sur l'aide extérieure d'une communauté internationale compromise et transactionnelle.
Je réagis directement aux informations selon lesquelles un certain John Adriel aurait présenté des documents à la CRTV en vue de leur diffusion. Ces documents proviendraient de l'une des factions du régime Biya, qui tente actuellement d'exercer le pouvoir présidentiel par une double usurpation. Le Cameroun est devenu la risée de l'Afrique.
Voici pourquoi vous devez participer à la mobilisation populaire menée par le Conseil pour la Souveraineté du Cameroun et le président élu pour nous débarrasser de ce régime dangereux et éhonté :
1. M. Biya n'a pas gagné cette élection présidentielle ; il a subi une défaite cuisante.
Il ne reste au palais que parce que l'ELECAM, le Conseil constitutionnel et l'Assemblée nationale illégitime sont des outils lourdement compromis au service du régime.
2. Même si nous choisissions de le tolérer, personne ne peut prétendre que ses politiques et sa gouvernance sont bonnes pour le Cameroun.
Chaque jour de plus où il est toléré, le Cameroun fait un bond massif en arrière.
3. Même si nous écoutons les rares personnes qui nous demandent de tourner la page des résultats électoraux, nous sommes confrontés à une réalité ridicule.
Même s'ils soutiennent que nous pouvons tolérer sept années supplémentaires de mauvaises politiques de Biya parce que nous en avons déjà survécu 43, nous devrions tout de même nous alarmer du fait que le Cameroun compte techniquement quatre présidents rivaux aujourd'hui :
-Un président légitime, empêché d'exercer son pouvoir (Tchiroma).
-Un ancien président illégitime et illégal (Biya).
-Un individu jouissant d'un pouvoir présidentiel délégué et sans limites (Ngoh Ngoh).
-Une personne jouant le rôle de Marie-Antoinette, revendiquant un droit de veto sur le futur président que le régime tentera d'imposer (Chantal Biya).
Pour être absolument clair : il n'existe aucun poste de Vice-président dans la constitution légitime du Cameroun. La récente modification constitutionnelle est l'œuvre d'un voleur qui dérobe une maison et place un panneau devant l'entrée disant : « Défense d'entrer ».
Mais alors que la coordination du peuple pour réclamer sa souveraineté a été lente, les Camerounais ont eu la chance de voir une guerre civile éclater au sein même du régime Biya. C'est l'ordre des choses ; ils sombrent dans le chaos parce que ni la justice ni l'honnêteté ne peuvent servir à déterminer comment partager un pouvoir usurpé. La vérité est que toute tentative concrète de mettre en œuvre le plan de succession du régime en nommant un Vice-président sera le résultat d'une double usurpation. Biya a usurpé le pouvoir des Camerounais qui ont choisi Tchiroma comme président, et ses manipulateurs — le camp de Chantal Biya d'un côté, et le directeur du Cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, et son camp de l'autre — seront les véritables auteurs d'un tel décret frauduleux.
L'antagonisme est le moyen par lequel l'arc de l'univers moral finit par s'incliner vers la justice. Ces factions rivales prouveront soit que les Camerounais sont dupes, soit qu'elles réveilleront enfin le peuple pour qu'il procède à l'expulsion nécessaire de ces parasites de nos institutions.
Ces dernières semaines, j'ai entendu des rumeurs selon lesquelles Franck Emmanuel Biya serait le « candidat du consensus ». Après avoir soutenu Ferdinand Ngoh Ngoh tout en s'opposant à Franck Biya, Chantal Biya semble aujourd'hui élargir ses options pour contourner un Ngoh Ngoh extrêmement impopulaire. L'un de ses nouveaux choix semble être son parent, le pasteur protestant pentecôtiste Oswald Baboke. La rumeur veut qu'il ait été nommé Vice-président dans les faux documents destinés à la diffusion sur la CRTV, et le jeune homme chargé de livrer ces documents serait un membre de l'église de Baboke. La corruption de la religion au Cameroun par le régime Biya est d'une profondeur inouïe.
Le Cameroun est votre pays. Le Cameroun est mon pays. Le Cameroun est notre pays. Il est temps de mettre fin à cette humiliation. La constitution légitime du Cameroun ne prévoit aucun poste de Vice-président. Paul Biya a perdu l'élection et doit être chassé. Il est naïf et paresseux de fuir la tâche qui consiste à le pousser hors de la présidence en se focalisant sur de vaines spéculations sur sa santé, sa mort, ou une démission mise en scène après la nomination d'un prête-nom. Ce sera une tache indélébile sur la fierté des Camerounais si nous ne pouvons pas chasser activement Paul Biya du pouvoir par nous-mêmes.
Restez engagés. Mobilisez-vous au niveau des communautés. Participez à toutes les actions présentes et futures. Contribuez par tous les moyens possibles à faire triompher la vérité des urnes — la vérité exprimée en faveur d'Issa Tchiroma Bakary. Le régime Biya est un désastre total. Mettons fin à leur mélodrame perpétuel et à leur ivresse du pouvoir.
Que Dieu vous bénisse, et que Dieu bénisse cette belle terre qui est la nôtre — notre Cameroun bien-aimé.»