La bataille des Franck ne fait peut-être que commencer
Les profils de Franck Biya, fils aîné de Paul Biya, et de Franck Hertz, son fils adoptif, alimentent le débat dans le contexte des spéculations sur la succession au sommet de l’État camerounais. Franck Biya est décrit comme discret et éloigné de la vie politique, tandis que Franck Hertz est davantage présent dans les milieux économiques, sportifs et d’influence. À travers leurs réseaux, leurs apparitions publiques et leurs trajectoires différentes, l’on s’interroge sur les éventuels rapports de force autour de l’après-Paul Biya, tout en soulignant qu’aucun des deux n’est officiellement présenté comme dauphin.
Deux fils du président Paul Biya, deux réseaux, deux trajectoires et, en toile de fond, la question de la succession.
Le 2 septembre 2026, des photos de Franck Biya et de ses enfants ont largement circulé sur les réseaux sociaux. L’image renvoyait celle d’un père de famille discret, présent et attaché aux siens.
Quelques jours plus tard, c’est une autre famille qui se retrouvait sous les projecteurs. La famille de Franck Hertz, femme et enfants, était photographiée aux côtés de Samuel Eto’o au siège de la FECAFOOT.
Deux séquences médiatiques qui interrogent. Au-delà des images, certains y voient le reflet d’une bataille plus discrète autour de l’après-Biya.
D’un côté, Franck Biya, fils aîné du président. De l’autre, Franck Hertz, présenté comme son fils adoptif. Deux profils très différents, mais dont les noms circulent régulièrement dans les spéculations sur l’avenir du pouvoir au Cameroun.
Franck Hertz et ses réseaux
Franck Hertz dispose, selon plusieurs sources, de relais dans différents milieux d’influence. De Nanga à Dimako, son réseau s’étendrait notamment vers certains responsables et acteurs économiques.
Ses relations avec Samuel Eto’o sont connues. À ses côtés figureraient également des personnalités du monde des affaires, dont le milliardaire Paul Fokam Kamogne, à travers la Société Africaine de Participations (SOCIP).
Autre nom régulièrement évoqué : celui du capitaine Effoudou, ancien responsable du renseignement à l’état-major particulier du président de la République. Cette proximité supposée reste toutefois difficile à établir avec certitude.
Sur le terrain économique, Franck Hertz apparaît beaucoup plus exposé que Franck Biya. À la tête de Hlog, société spécialisée dans la logistique et le transport, il est associé à différents projets d’infrastructures et à des activités dans le secteur portuaire.
Des éléments qui contrastent fortement avec le profil de Franck Biya, beaucoup plus discret et éloigné de la gestion directe des affaires publiques.
Franck Biya, le choix de la discrétion
Franck Biya cultive depuis plusieurs années une présence publique limitée. Il s’est rarement exprimé sur les questions politiques et n’a jamais revendiqué publiquement le statut de dauphin que certains lui attribuent.
Son apparition lors de l’éboulement survenu à Yaoundé avait toutefois suscité de nombreuses interrogations sur une éventuelle préparation de la succession.
Mais depuis, le fils aîné du président est resté fidèle à sa ligne : discrétion, retrait des affaires publiques et absence de déclaration politique.
Même lorsqu’il est cité dans certaines affaires économiques ou dans des activités liées à l’exploitation forestière, Franck Biya n’a jamais revendiqué publiquement un rôle dans la gestion de ces activités.
Cette distance avec les marchés publics, les entreprises publiques et l’appareil administratif pourrait expliquer pourquoi son nom est relativement peu associé aux grands scandales économiques qui ont marqué le régime ces dernières années.
Deux profils, deux stratégies
Le contraste est frappant. Hertz est visible, Franck Biya est discret. Hertz évolue dans les affaires, Franck observe. Hertz construit des réseaux, Franck cultive la proximité avec son père.
C’est précisément cette différence qui alimente les spéculations.
Pour certains apparatchiks du régime, Franck Biya pourrait incarner la continuité. Pour d’autres, son retrait de la vie publique pourrait au contraire être interprété comme une stratégie de prudence, en attendant le moment opportun.
Franck Hertz, de son côté, pourrait compter sur les réseaux de sa famille maternelle et sur des connexions établies dans les milieux économiques, sportifs et administratifs.
Après Paul Biya, quelle succession ?
Le président Paul Biya a régulièrement évoqué la nécessité de préserver les institutions et de garantir une transition démocratique.
La question demeure donc entière : le Cameroun connaîtra-t-il une succession politique classique, une véritable alternance démocratique ou une succession préparée au sein du sérail ?
Pour l'heure, rien ne permet d'affirmer que l'un ou l'autre des deux Franck est officiellement désigné comme dauphin. Mais une chose est certaine : à mesure que se rapproche l'échéance de l'après-Biya, les réseaux, les images publiques, les alliances et les trajectoires des deux hommes seront scrutés avec une attention croissante.
La bataille des Franck ne fait peut-être que commencer.
Albin Michel Njilo
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