La réorganisation du cockpit de l’État camerounais se dessine depuis le palais
Franck Biya est un acteur de plus en plus influent dans les rouages du pouvoir camerounais intervenant dans plusieurs dossiers stratégiques, notamment la réorganisation de l’armée, la SNH, l’accord avec Dangote et le financement de la transformation numérique d’une banque. Cette montée en puissance s’accompagnerait d’un affaiblissement de Ferdinand Ngoh Ngoh.
Franck Biya : La réorganisation du cockpit de l’État camerounais se dessine depuis le palais
L’entrée de Franck Biya dans le protocole officiel de l’État est, à bien des égards, révélatrice de la réorganisation du cockpit de l’avion Cameroun depuis le palais présidentiel.
Conseiller officieux du président de la République, son nom est désormais cité dans plusieurs dossiers stratégiques du Cameroun : la réorganisation de l’armée, la SNH, avec la volonté de mettre fin au hold-up du secrétariat général de la présidence sur cette institution, l’accord Dangote-Cameroun dans le secteur des hydrocarbures, ainsi que la cession des parts de l’ancienne SGBC pour financer la migration digitale de la banque.
Franck Biya serait désormais celui qui chuchote à l’oreille de son père, mettant une barrière aux dérives de certains hauts commis de l’État dans la gestion des dossiers stratégiques.
Le secrétariat général de la présidence de plus en plus isolé
Le 16 octobre 2026, Rémy Nama a été nommé à la présidence du Conseil constitutionnel. Il remplace Clément Atangana, décédé. Sur les réseaux sociaux, certains lanceurs d’alerte ont attribué cette nomination au SGPR, où il était en service.
Selon une source proche du palais, le magistrat Nama est en fonction à la présidence depuis bien avant l’arrivée de Ferdinand Ngoh Ngoh. Sa nomination aurait même été actée depuis Meyomessala.
À cela s’ajoute un fait inédit : le décret du Premier ministre portant nomination des responsables au ministère de l’Administration territoriale.
La curiosité dans ce décret réside dans l'identité de son signataire : il ne s'agit pas du SGPR, comme on aurait pu s'y attendre, mais du Premier ministre, chef du gouvernement, qui semble avoir repris en main le volet opérationnel de la gouvernance.
Pendant ce temps, le secrétariat général de la présidence semble de plus en plus s’illustrer dans la réception en audience de visiteurs au palais.
« Le rapprochement de Franck Biya au sein du cockpit doit apporter beaucoup de changements dans la gouvernance. Chacun a désormais sa place », précise notre source.
Albin Michel Njilo