Mila Assoute appelle à préparer une succession républicaine au Cameroun
Depuis l’exil, Chief Mila Assoute demande au président Paul Biya de préparer l’après. Sa lettre rejette deux scénarios — dévolution dynastique et confiscation oligarchique — et appelle à préserver la paix, l’unité et la République.
Le texte intervient au moment des 44 ans de pouvoir de Paul Biya et du premier anniversaire du septennat commencé en 2025. Mila Assoute invoque le précédent de 1982 : une transmission institutionnelle entre Ahmadou
Ahidjo et son successeur, sans lien de parenté. Son argument touche une inquiétude réelle : lorsque les institutions dépendent fortement d’un homme, l’incertitude sur la transition nourrit rivalités, rumeurs et repositionnements. Parler de succession n’est donc pas annoncer une vacance ; c’est interroger la solidité des règles avant qu’elles ne soient mises à l’épreuve.
La lettre reste toutefois un plaidoyer, non un schéma opérationnel. Elle ne précise ni réforme constitutionnelle, ni calendrier, ni organe de dialogue, ni garanties pour l’opposition et la société civile. Ces détails déterminent pourtant si l’idée républicaine peut sortir de la formule.
L’intérêt de cette intervention tient moins à la personnalité de son auteur qu’au débat qu’elle force : comment assurer continuité de l’État, compétition loyale et absence de violence ? La réponse ne peut venir d’une seule lettre, mais de règles publiques et de confiance partagée.