180 milliards investis, l’entretien devient la prochaine dette
Un ouvrage inauguré commence à vieillir le lendemain. Après plus de 180 milliards de FCFA annoncés dans le Littoral, la question n’est plus seulement ce qui a été construit, mais qui entretient, à quel coût et avec quel résultat.
Le bilan présenté pour vingt ans de Contrat de désendettement et de développement dans le Littoral dépasse 180 milliards de FCFA. Un premier volet urbain de 51,5 milliards aurait ouvert ou réhabilité plus de quatorze kilomètres de voiries dans plusieurs quartiers et axes de Douala. Le programme de drainage, évalué à 109 milliards, comprend 47 kilomètres de drains et des voies de desserte.
Les aménagements de proximité représentent environ 15,4 milliards : voies pavées, parcours de santé, 264 lampadaires solaires, places publiques, terrains multisports et espaces de jeux dans neuf quartiers. Ces chiffres décrivent des livrables. Ils ne disent pas encore la réduction mesurée des inondations, le temps de trajet, le coût d’entretien, l’état des équipements ni la distribution des bénéfices entre quartiers.
Le C2D convertit une partie de la dette remboursée en projets de développement avec la France. Cette mécanique impose une double reddition : financière et territoriale. La Communauté urbaine devrait publier un inventaire géolocalisé, l’état de chaque ouvrage et son budget d’entretien. Sans maintenance, le financement d’hier devient la réhabilitation de demain.