Lamido de Rey-Bouba, Aboubakary ABDOULAYE
Les changements annoncés ce mardi à la tête des deux chambres du Parlement camerounais ne seraient pas le fruit d'une simple alternance générationnelle. Selon des sources au sein du sérail, la véritable architecte du double remplacement de Cavaye Yeguie Djibril et de Marcel Niat Njifenji serait Chantal Biya, de plus en plus perçue comme la régente de facto d'un pays dont son mari Paul Biya, affaibli par l'âge et la maladie, tiendrait encore le titre mais plus totalement les rênes. La logique serait implacable : en installant Théodore Datouo — originaire de l'Ouest, « fils politique » de sa propre défunte mère Rosette Ndongo Mengolo — à la présidence de l'Assemblée Nationale, la Première dame aurait mécaniquement privé la région de l'Ouest du cumul des deux perchoirs parlementaires, ouvrant ainsi la voie à Aboubakary Abdoulaye, Lamido de Rey-Bouba, pour la présidence du Sénat. « L'objectif est de retirer à l'Ouest la succession constitutionnelle », confie l'une de nos sources, qui y voit une manœuvre destinée à favoriser, le moment venu, Ferdinand Ngoh Ngoh ou Franck Hertz — les deux pions que Chantal Biya positionnerait pour contrôler l'après-Biya.
URGENT : Voici celui que Chantal BIYA a choisi pour remplacer Marcel NIAT NJIFENJI au Sénat
Il faut le dire sans détour : ce qui se joue actuellement sur l'échiquier politique camerounais, notamment au Parlement, découle d'une décision de Chantal BIYA. Cette dernière est désormais perçue comme la véritable régente du pays (c'est elle qui gouverne désormais le Cameroun), son mari Paul BIYA étant affaibli par le poids de l'âge et la maladie.
Avec la désignation de Théodore DATOUO comme président de l'Assemblée nationale sous l'impulsion de la Première dame, la région de l'Ouest perd d'office la présidence du Sénat. M. DATOUO étant originaire de cette région, l'Ouest ne peut cumuler la présidence des deux chambres du Parlement. La "région du soleil couchant" va donc se voir dépossédée de la présidence de la Chambre haute.
Selon nos sources au sein du sérail, l'actuel président du Sénat, Marcel NIAT NJIFENJI, sera remplacé par le Lamido de Rey-Bouba, Aboubakary ABDOULAYE, actuel premier vice-président du Sénat.
Les mêmes sources précisent qu'il s'agit d'un jeu de chaises musicales orchestré par Chantal BIYA pour positionner ses pions, afin de se maintenir au pouvoir ad vitam aeternam et d'écarter l'Ouest de la succession au sommet de l'État.
« L'objectif est de retirer à l'Ouest la succession constitutionnelle. En installant DATOUO à l'Assemblée nationale, NIAT est mécaniquement débarqué du Sénat. Ainsi, l'Ouest ne pourra plus assurer l'intérim en cas de vacance à la présidence de la République. Chantal BIYA veut s'assurer que la transition se déroule selon ses vœux. Son but est de favoriser Ferdinand NGOH NGOH ou son fils Franck Hertz. C'est dans cette logique que l'ordre a été donné au Comité central du RDPC d'instruire les députés RDPC, majoritaires au Parlement, de porter DATOUO à l'Assemblée et Aboubakary ABDOULAYE au Sénat », nous confie l'une de nos sources.
Il convient de préciser que Théodore DATOUO est le "fils politique" de la défunte mère de Chantal BIYA, Rosette NDONGO MENGOLO, épouse MBOUTCHOUANG. Cette dernière fut d'ailleurs maire de la commune de Bangou, localité dont son mari était originaire.
C'est la défunte mère de la Première dame qui a bâti la carrière politique de M. DATOUO. Son précédent poste de vice-président de l'Assemblée nationale lui avait déjà été attribué sur instruction de Chantal BIYA. C'est également lui qui a supervisé de bout en bout le chantier du nouvel immeuble de l'Assemblée nationale avec les Chinois, permettant à la Première dame de garder la haute main sur ce projet.
Théodore DATOUO est donc un membre clé du clan "Nanga", qui s'oppose au clan "Bulu" pour la prise du pouvoir après Paul BIYA. Il en va de même pour le Lamido de Rey-Bouba, Aboubakary ABDOULAYE, que la Première dame impose désormais à la tête du Sénat.