Le gouvernement retire plusieurs permis de recherche non conforme
Quelques semaines après avoir lancé des investigations sur les exportations d’or vers les Émirats arabes unis, le gouvernement à travers le ministre des mines, Fuh Calistus Gentry franchit une nouvelle étape en retirant plusieurs permis de recherche d’or jugés non conformes aux dispositions du Code minier.
En effet, au Cameroun, le permis de recherche autorise uniquement les travaux d’exploration et d’évaluation d’un gisement. Il ne confère en aucun cas le droit d’exploiter commercialement les ressources minières, cette activité nécessitant l’obtention préalable d’un permis d’exploitation délivré selon une procédure distincte.
Or, l’on apprend que, depuis plusieurs années, le secteur est régulièrement secoué par des accusations selon lesquelles certains détenteurs de permis de recherche mèneraient, directement ou par l’intermédiaire de sous-traitants, des activités d’exploitation avant même l’obtention des autorisations requises. Plusieurs observateurs dénoncent également le recours à des opérateurs étrangers, notamment chinois, dans des conditions qui soulèvent des interrogations sur le respect des dispositions du Code minier.
Ces pratiques sont souvent citées parmi les facteurs favorisant la contrebande de l’or, la faiblesse des recettes fiscales et les difficultés rencontrées par l’État pour assurer la traçabilité de la production nationale. Malgré un potentiel aurifère important, une part significative de l’or extrait au Cameroun échapperait encore aux circuits officiels.
« Le retrait de ces permis apparaît ainsi comme un nouveau signal envoyé par les autorités dans leur volonté affichée de reprendre le contrôle d’un secteur longtemps marqué par des soupçons d’exploitation illégale, de fraude et d’exportations insuffisamment contrôlées. Reste désormais à savoir si cette opération d’assainissement débouchera sur des enquêtes administratives ou judiciaires permettant d’établir les responsabilités éventuelles des différents acteurs impliqués et de renforcer durablement la gouvernance de l’industrie aurifère camerounaise. », s’interroge le lanceur d’alerte Boris Bertolt.
"/>
"/>