Scrutin législatif et local 2027 : Le message de grande panique envoyé par les stratèges du RDPC

Jean Nkuete Rdpc Une réunion tant attendue du RDPC a eu lieu le 22 juillet dernier à Yaoundé

Thu, 23 Jul 2026 Source: www.camerounweb.com

La récente réunion stratégique du RDPC à Yaoundé traduit les inquiétudes du parti au pouvoir face aux élections législatives et municipales de 2027. Malgré les appels à la mobilisation, les responsables du parti ont évité les questions sensibles, notamment le choix des candidats, le renouvellement des instances et la tenue du congrès.

Une réunion tant attendue du RDPC a eu lieu le 22 juillet dernier à Yaoundé. Comme on pouvait s’y attendre, cette réunion an exposé un fait qu’on savait déjà: le RDPC redoute comme la peste le double scrutin législatif et municipal à venir. Alors que l'on pouvait en attendre des réponses précises aux problèmes graves qui minent le parti, les organisateurs et les participants les ont soigneusement évités. Or, il est évident qu'il existe une corrélation entre la résolution des nombreux problèmes du parti au pouvoir, laissés sous le boisseau, et la chance pour celui-ci d’éviter son implosion qui se dessine.

Le premier constat qui se dégage de la réunion non statutaire du RDPC, du mercredi 22 juillet 2026, c'est que le pouvoir semble [enfin] se résigner à organiser le double scrutin législatif et municipal dans 6 mois. La seconde information, et non moins importante, c'est que le RDPC est tétanisé. Il est tétanisé de faire face aux résultats de sa gestion calamiteuse du pouvoir tant les insatisfactions et le mécontentement palpable des populations sont perceptibles.

Il faut également relever que le RDPC a peur de la perception que les médias et les réseaux sociaux projettent de lui; tout comme de ses profondes divisions et mécontentements internes y compris de la base et singulièrement des jeunes et des femmes.

Si l’on s’en tient aux déclarations officielles, la réunion du mercredi 22 juillet 2026 était de préparer ses militants et militantes pour les échéances électorales à venir. A la vérité, il s’agissait d’appeler les militants et militantes du RDPC à dompter leurs peurs, à ne pas se laisser abattre à l'avance par les mauvaises performances systémiques du gouvernement, à resserrer les rangs pour affronter ce double scrutin qui s'annonce très difficile pour leur parti. L'odeur de la défaite lors du double scrutin prochain est si forte dans le cockpit du parti au pouvoir que les stratèges réunis, à l’occasion de cette réunion, ont courageusement choisi de faire la politique de l’autruche. Ainsi, afin de tenter de conjurer la défaite qui vient, ils ont prescrit la construction d'un " récit de large victoire" aux militantes et militants.

Cependant, au-delà des aspects communicationnels, la réunion du 22 juillet dernier, qui - il faut le rappeler - n'était ni légale ni politiquement légitime, a soigneusement évité d'aborder les vrais problèmes dont la résolution est pourtant impérative si le RDPC veut justement se soustraire à ce qui semble être son sort électoral. Au nombre des problèmes éludés par les stratèges du RDPC figure, en bonne place, la question du choix entre l'investiture et les primaires pour la désignation des candidats. Pourtant, tout observateur objectif sait que cette question est une véritable bombe à retardement interne. De profonds désaccords sur cette question pourraient déclencher, au moment de constituer les listes électorales, des déflagrations pire que celles que le parti a souvent connu. A la réalité, le mode de désignation des candidats représente une pomme de discorde entre les modernes, les démocrates, les jeunes et les apparatchiks, vieillards pour la plupart, qui refusent la concurrence politique au plan interne.

Autre problème éludé par la réunion du 22 juillet dernier, la question fondamentale du renouvellement des organes de base. Celle-ci touche à la gouvernance du parti et aux possibilités d’un renouvellement de l’élite partisane. Par ailleurs, la réunion informelle du parti-Etat n'a ni répondu à la question de la tenue du Congrès du parti, attendu depuis 2016, ni défini la feuille de route du RDPC pour le double scrutin à venir.

Il apparaît donc que cette tactique d'évitement trahit les peurs du RDPC à la veille du double scrutin à venir.

Par conséquent, le Peuple du Changement doit voir dans cette posture un encouragement, une invite à occuper encore plus le terrain. Il reste, tout de même, que cela renvoie des signaux graves d'un système déterminé à frauder, une fois de plus, pour conserver le pouvoir. Dans cette perspective, on peut penser que, comme pour les élections présidentielles de 2018 et 2025 ainsi que le double scrutin de février 2020, le RDPC mobilisera, à nouveau, le MINAT, ELECAM, le Conseil Constitutionnel, les forces de sécurité et de défense, et la justice pour se fabriquer, une "victoire", même ensanglantée.

Face à tout ce qui précède, un défi se dresse devant les ambitions du Peuple du Changement : il doit non seulement intensifier le travail pour accroître son occupation du terrain, séduire les Camerounais et s'approprier le Code Électoral. De même, le Peuple du Changement devrait se préparer à surveiller et à défendre son vote tout en étant déterminé à affronter la sauvagerie électorale et la terreur de la répression que les officines du RDPC, se préparent à déployer, une fois de plus (de trop ?) pour conserver arbitrairement et illégalement le pouvoir.

L’histoire des joutes électorales au Cameroun permet d’observer que quand le RDPC aborde les élections conscient de sa défaite à venir, lui et le pouvoir ne reculent devant rien, même pas les fraudes et la terreur d'Etat, pour conserver illégalement et illégitimement le pouvoir. Le crime flagrant de cybercriminalité perpétré par le MINAT pour arbitrairement exclure le candidat du MANIDEM de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025, la sanglante répression de la crise post-électorale qui s'en est suivie, font craindre que les extrémistes du RDPC ne décident, par anticipation, d'exclure le MRC de la compétition dans l'espoir que le RDPC échappe à ce qui semble être son destin dans ce double scrutin à venir.

Dans un contexte politique national encore très tendu où le président de la république physiquement et mentalement épuisé, doublé des divisions graves au sommet de l'Etat et à l'intérieur du RDPC, ce serait pour le MINAT, ELECAM, le Conseil Constitutionnel, les forces de sécurité et de défense, et la chaîne judiciaire porter la responsabilité terrible de mettre, une fois de plus ( et de trop ?), le feu aux poudres.

Par Brice Ondoua

Source: www.camerounweb.com